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| 20 000 trésors sous les mers |
De splendides sculptures et de magnifiques objets précieux égyptiens récemment découverts dans les fonds marins seront exposés pour la première fois à Paris à partir du 9 décembre 2006. Une révélation.

Alexandrie était célèbre pour sa bibliothèque et son phare. Son histoire se mêlait à celle de héros antiques : Héraclès, qui sauva la ville menacée par les crues du Nil ; Pâris et Hélène, qui vinrent y abriter leurs amours avant celles de Cléopâtre et de Jules César. Malgré sa splendeur, sa puissance, sa renommée, la ville antique allait disparaître à la fin du VIIIe siècle, engloutie sous les flots du Nil.
«Trésors engloutis d'Egypte» est justement le titre de l'exposition qui ouvrira ses portes à Paris dans quelques jours, le 9 décembre prochain. Présentée dans la nef du Grand Palais, elle montrera plus de 500 objets exceptionnels qui n'ont encore jamais été vus du grand public et qui proviennent de fouilles sous-marines menées depuis plus de dix ans sur trois sites archéologiques : le Portus Magnus d'Alexandrie, Canope et Héracléion. Des villes mentionnées dans les textes antiques, mais dont on avait perdu la trace et qui resurgissent brusquement des flots au travers des ruines de leurs temples et de leurs palais. Ici, la réalité dépasse de beaucoup les espoirs les plus fous. Déjà, l'exposition du Grand Palais a des allures d'événement. Avant même qu'elle ne soit ouverte au public, en voici les pièces majeures, présentées en avant-première.
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Au début des fouilles, on était dans une situation bien agaçante : les textes anciens mentionnaient, avec parfois un luxe de détails, l'existence de villes fascinantes dans le delta du Nil : Alexandrie, telle qu'elle était en 332 avant notre ère, au moment de sa fondation par Alexandre le Grand, et deux autres cités toutes proches, qui avaient elles aussi connu leur heure de gloire auparavant : Canope et Héracléion. Mais sur le terrain, on ne trouvait rien. Les cités pharaoniques devaient pourtant bien se trouver quelque part. Peut-être englouties sous les flots, mais alors pourquoi ? Et quand ?
La période historique que couvre l'exposition du Grand Palais, 1 500 ans, de 700 avant notre ère à l'an 800, est mouvementée : gouvernée par les dernières dynasties pharaoniques, l'Egypte passe ensuite sous domination romaine, puis byzantine et enfin islamique, chaque étape ayant son lot de destructions. Mais les hommes ne furent pas les seuls à s'acharner sur ces lieux. Des catastrophes naturelles sont rapportées par les historiens, tremblements de terre et raz de marée : un tsunami qui dévasta en 365 les côtes au sud-est de la Méditerranée, des secousses telluriques qui affectèrent la région de Canope au milieu du VIIIe siècle. Ces destructions furent suffisamment importantes pour que vers 750-800, le majestueux Portus Magnus d'Alexandrie finisse par disparaître presque totalement sous les flots de la Méditerranée. Canope et son vaste temple dédié à Sérapis, l'illustre Serapeum, furent submergés en même temps. Ensuite, ce fut l'oubli et le silence, pendant près de douze siècles.
Pourtant, plusieurs archéologues restaient persuadés que ces villes, prospères dans l'Antiquité, dormaient intactes sous les eaux. En 1933, une découverte sembla leur donner raison : un pilote de la RAF vint avertir un brillant archéologue amateur qui vivait à Canope, le prince Omar Toussoun, qu'en décollant de l'aéroport, il avait aperçu une zone de ruines en baie d'Aboukir. Toussoun demanda alors aux pêcheurs locaux s'ils avaient connaissance de vestiges submergés. Ils parlèrent de «colonnes de marbre ou de granit rouge» situées à deux kilomètres du rivage. Un scaphandrier envoyé sur les lieux réussit à remonter une tête en marbre blanc, représentant peut-être Alexandre le Grand. Mais surtout, cette découverte prouvait qu'il y avait bien là des villes qui avaient été englouties. Faute d'instruments adéquats, il ne fut alors pas possible d'en savoir beaucoup plus.
Franck Goddio et son Institut européen d'archéologie sous-marine (l'IEASM, fondé en 1987) vont prendre le relais des fouilles. Soutenu par la Fondation Hilti, Goddio propose aux autorités égyptiennes d'engager une campagne de prospection sur site, en s'aidant des méthodes scientifiques les plus pointues : sur des écrans d'ordinateurs, en croisant les différences de densité et les lignes de failles sismiques repérées, Goddio et son équipe finissent par situer un emplacement d'à peine un kilomètre carré, à 6,5 kilomètres de la côte égyptienne. La première plongée ne révèle rien. Il faut avouer que la région n'est pas facile, ni propice aux fouilles : dans la baie d'Aboukir comme dans le port d'Alexandrie, la visibilité n'est vraiment bonne que quinze à vingt jours par an. En outre, la vase stagne partout et quand, par hasard, un vestige quelconque émerge de cette boue liquide, il est recouvert d'une croûte épaisse de sédiments, de concrétions et de coquillages. Il a donc fallu descendre sous l'eau une sorte d'aspirateur qui soulève la boue pour la rejeter le plus loin possible, à plus de 100 mètres. Une intendance lourde : quatre bateaux sont en permanence sur zone, équipés de sonars pour capter les fantômes d'éventuels reliefs antiques, et de magnétomètres pour déceler la présence d'objets magnétiques. Pour cela, l'aide du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a été décisive : leurs appareils à résonance nucléaire étaient mille fois plus sensibles que les instruments classiques. L'utilisation en un même lieu de ces différents instruments de prospection s'est finalement révélée fructueuse. Mais jamais une étude archéologique de sites submergés n'avait encore été menée à une telle échelle.
Aujourd'hui, on peut dire que les découvertes faites dans la baie d'Aboukir et à proximité des rivages d'Alexandrie sont innombrables. Les quelque 500 objets rassemblés pour l'exposition du Grand Palais ne représentent en effet qu'une infime partie de la moisson totale mais, tels quels, ils racontent quinze siècles d'histoire de l'Egypte antique à une époque particulièrement troublée : de 700 avant notre ère à l'an 800. Le pays fut alors en contact avec le monde méditerranéen des Grecs, puis des Romains, avant d'être confronté au monde byzantin et d'affronter la conquête arabe. Les objets racontent ce mélange des cultures. Bien que mises au jour par les équipes de Franck Goddio, ces collections restent la propriété de l'Etat égyptien qui a autorisé leur venue à Paris le temps de l'exposition.
C'est la baie d'Aboukir qui a la première livré ses trésors. Entrepris en 1996, les travaux vont révéler, à l'est du port moderne, une zone occupée par un alignement de ruines, long de plus de cent mètres, en partie enfoui sous près de deux mètres de sable. La présence de ces vestiges va révéler le plus grand sanctuaire égyptien retrouvé à ce jour dans la région. Non loin de là, on a découvert une zone de décharge où des statues avaient été entreposées, sans doute pour être débitées et réutilisées. Ce sanctuaire était dédié à Sérapis, le dieu doué de pouvoirs guérisseurs, qui n'est autre que le Serapeum des textes anciens.
La région a encore livré deux trésors, qui seront tous les deux présents au Grand Palais : une statue d'Arsinoé II en granit noir, représentée comme Aphrodite, la déesse de l'amour, sortant de l'onde.
Quel artiste, inconnu mais génial, a créé cette oeuvre d'une saisissante qualité plastique ? L'autre belle surprise de ces fouilles est une oeuvre connue sous le titre de Naos des décades. Le naos est une petite chapelle abritant la statue d'un dieu, traditionnellement placé dans l'endroit le plus sacré du sanctuaire. Celui-ci, sculpté sous le règne de Nectanébo Ier (380 à 362 avant notre ère) était dédié à Shou, dieu de l'air et de l'atmosphère. Son histoire est extraordinaire : à la fin du XVIIIe siècle, un archéologue amateur avait acheté près d'Aboukir un curieux bloc de granit noir en forme de pyramide et gravé de hiéroglyphes. Faute d'en trouver la signification, il finit par donner l'objet au musée du Louvre en 1817. Un bon siècle plus tard, vers 1940, le prince Omar Toussoun, qui finançait des fouilles dans la baie d'Aboukir, trouve la base et le dos de ce qui pourrait être un naos. Un peu par hasard, des égyptologues font le rapprochement entre la pièce du Louvre et celle trouvée par Toussoun, qu'ils proposent de réunir. Quand Franck Goddio, tout récemment, découvrit quatre nouveaux fragments qui se révélèrent être les éléments manquants, l'ensemble put enfin être reconstitué. Une chance, car il s'agit d'une pièce unique par les inscriptions de ses parois extérieures qui reproduisent un calendrier égyptien divisé en tranches de 10 jours : les décades. «Ces décades, explique Franck Goddio, sont inaugurées par les premiers levers d'étoiles particulières appelées décans. Il y a 36 décades dans l'année, auxquelles s'ajoutent 5 jours, appelés épagomènes par les Grecs, qui viennent compléter l'année de 365 jours. Ce n'est pas tout : pour chacune des décades, un petit texte astrologique fait de ce calendrier un précurseur dans le domaine de l'astronomie.» C'est le premier calendrier astrologique de l'histoire !
Face à Canope-Est, mais à plus de six kilomètres de la côte, en pleine mer, les équipes de Franck Goddio ont localisé une ville entièrement engloutie : Héracléion.  Une ville disparue. Elle avait pourtant été, bien avant la création d'Alexandrie, un important port commercial, une cité prospère. Engloutie naguère par quelque séisme, elle gisait maintenant au large, recouverte par deux millénaires de limon apporté par le Nil. On pouvait la croire perdue à jamais... Et pourtant, après trois ans de prospection à arpenter la baie dans tous les sens, c'est la découverte :
 trois statues colossales de granit rose, hautes de plus de cinq mètres, gisent face contre le sol, sans doute jetées bas par un raz de marée, mais intactes : un couple royal, qui n'a pas encore été identifié, et le dieu Hâpy, qui garantit la fertilité et l'abondance. Héracléion tient son nom d'Héraclès, l'Hercule romain : selon la légende, la cité fut fondée à l'endroit même où le héros mit pied sur la terre d'Egypte. Un temple fut alors construit et dédié au dieu Amon, dont le fils Khonsou était assimilé à Héraclès. De dimensions imposantes, précédé d'une large avenue bordée de sphinx, le temple a lui aussi été retrouvé sur une vaste esplanade. La cité s'étendait tout autour, quadrillée d'un réseau de canaux, un peu à la façon d'une Venise égyptienne.
Dernière en date des fouilles menées par les équipes de Franck Goddio : le grand port d'Alexandrie. «Les terres et les infrastructures portuaires aujourd'hui submergées, explique Goddio, se situent à une profondeur maximale de six mètres cinquante. Si nous estimons que la ville antique avait été placée à une hauteur de deux mètres au-dessus du niveau de la mer, nous pouvons en déduire que les effondrements successifs conjugués à des élévations du niveau marin ont causé un écart de plus de huit mètres entre les terres et installations et leur niveau d'origine.» Les fouilles archéologiques ont permis de dresser, pour la première fois, un panorama complet du Portus Magnus. Alexandrie était une ville grecque, avec ses temples, ses agoras, son gymnase. A l'abri de hauts murs se trouvait un vaste complexe de palais et de jardins où résidaient le pharaon et la cour. A l'est, le Grand Port, avec son célèbre phare, abritait les bassins royaux et militaires, des entrepôts et les bassins de commerce. Désormais, ces rivages engloutis sont, comme Moïse, sauvés des eaux...
Source:le figaro
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| Akhénaton |
Amenhotep IV, dont la cogérance avec Amenhotep III est discutée, règne seul à partir de 1378/1352 et se fait couronner à Karnak, signe qu'au départ, il n'était pas en lutte ouverte avec le clergé d'Amon-Rê. Il entreprend d'ailleurs un programme de construction traditionnel.
Il épouse sa cousine Nefertiti, fille de Ay et de Tiy II, donc petite fille de Youya et Touya. Amenhotep IV et Nefertiti forment un couple encore plus étroitement lié politiquement que celui d'Amenhotep III et Tiy. Comme eux, ils sont associés dans les cérémonies, mais, chose nouvelle, l'art officiel les représente dès le début dans des scènes familiales jugées jusque là trop intimes pour être montrées.
C'est en l'an 2 de son règne qu'Amenhotep IV donne à Aton la place qu'occupait Amon-Rê. En l'an 5 de son règne, il procède à la fondation de la nouvelle capitale qu'il appelle Akhetaton, " l'Horizon du Disque " et marque le site de quatorze stèles frontières.
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La réforme religieuse
Depuis le début de la XVIIIe dynastie, la montée des cultes héliopolitains tend à concentrer autour de Rê la création et l'entretien de la vie, sans toutefois écarter les autres dieux. Il serait donc exagéré de parler de monothéisme mais plutôt d'une fusion de compétences multiples dans le Créateur par excellence qu'est le soleil.
Amenhotep IV choisit d'en adorer l'aspect sensible, le Disque. Le résultat donne un ton universaliste qui présente les apparences du monothéisme.
L'originalité d'Akhenaton est d'avoir fourni une image facile à appréhender en évitant le détour par le clergé spécialisé, seul capable de servir d'intermédiaire entre les hommes et un dieu impénétrable. Aton permet la perception immédiate du divin, par opposition à Amon, le dieu " caché ".
Le Disque est une forme du Créateur dont le roi est l'équivalent terrestre. Il prend également en charge les morts, même si Osiris reste à l'honneur.
L'impact de cette réforme sur la population est quasiment nulle. D'abord parce que la Cour se confine très vite à Akhetaton. Ensuite parce que le peuple, écarté de ce qui se passait dans les palais et les temples, continue à vivre sur les bases religieuses traditionnelles. L'originalité de l'image d'Akhenaton est moins importante qu'on ne pourrait le croire. Il conserve tout l'apparat phraséologie de ses prédécesseurs. Ainsi, il se fait représenter en train de massacrer des ennemis vaincus. Il ne touche pas aux structures de l'administration. Sur le plan politique, sa " révolution " renforce l'absolutisme théocratique : le roi est l'intermédiaire obligé entre les hommes et le Disque.La réforme a des effets dans deux domaines surtout : l'économie et l'art.Akhenaton ferme certains temples ou limite leurs activités et rattache les biens cléricaux à la Couronne. La construction de la nouvelle capitale et des nouveaux temples se fait au détriment de l'économie en général et de l'économie divine en particulier.

Les conséquences de l'atonisme sur les arts et les lettres sont plus spectaculaires et plus durables. Une plus grande liberté se manifeste dans les œuvres contemporaines, surtout dans les compostions poétiques : hymnes et litanies divins et royaux. La langue parlée est introduite dans les textes officiels et dans les grandes œuvres.
Dès le règne d'Amenemhat III, l'idéalisme officiel cède le pas à un réalisme plus sensuel qui n'hésite pas à souligner les formes du corps par des techniques comme celle du " drapé mouillé ". Ce traitement plus généreux des volumes apparaît aussi dans le dessin où l'usage de la ligne est moins rigoureux, l'emploi des couleurs plus souple.
La mode évolue également : nouveaux costumes, nouvelles coiffures…
Des détails stylistiques sont caractéristiques de la période : l'inclinaison de l'œil dans l'orbite et l'étirement des lignes qui produira les fameux yeux " en amandes " d'Akhenaton, les plis dans le cou, les oreilles percées, etc.
Akhenaton radicalise la tendance pour lui-même et sa famille dès la deuxième année de son règne en poussant le réalisme jusqu'à la caricature : l'affaissement des chairs prend une apparence pathologique.
Au fil des ans, le trait s'adoucit et, à la fin du règne, les études d'après nature l'emportent, comme la célèbre tête de Nefertiti de Berlin.
De nouveaux thèmes apparaissent : l'image de la famille, omniprésente dans toutes les scènes, y compris et surtout celles du culte.
La famille royale
La construction et la première occupation de la ville se font entre l'an 5 et l'an 6 du règne d'Akhenaton.
En l'an 12, la reine Tiy s'installe à la cour d'Armana. Cette installation a été interprétée comme la preuve qu'Akhenaton n'a régné seul qu'à partir de cette date.
Cette même année, l'une des six filles du couple royal, Mékétaton, meurt.

Nefertiti semble jouer un rôle moins important après l'an 12. Elle se serait même séparée de son mari si l'on en juge que l'une de ses filles, Méritaton, la remplace dans les cérémonies auprès du roi.Les trois années de la fin du règne sont troubles : le pays est livré aux persécutions anti-amoniennes qui se traduisent par le martelage des noms du dieu, martelage que subiront à leur tour Akhenaton et son dieu quelques années plus tard.Peut-être y a-t-il eu une corégence avec Néfernéférouaton? Smenkhkarê a d'ailleurs été attesté comme roi, son règne devant se situer entre ceux d'Akhenaton et de Toutankhaton pour une durée possible de deux ans. Le corps de Smenkhkarê a été retrouvé dans une tombe qui lui a été consacrée dans la Vallée des Rois. Tout indique qu'il s'agit d'un réensevelissement hâtif. Dans cette tombe, on a retrouvé d'autres restes qui sont peut-être ceux de la reine Tiy.On pense généralement que toute la famille royale a ainsi été transférée sous le règne de Toutankhamon.
L'Horizon d'Aton
Il est probable que Smenkhkarê puis Toutankhaton étaient des cousins ou des neveux d'Akhenaton qui légitimèrent leur montée sur le trône en épousant chacun l'une des filles du roi.
Lorsqu'il succède à Smenkhkarê, Toutankhaton est âgé d'environ neuf ans. Il épouse la princesse Ankhesenpaaton. Très rapidement, il quitte Amarna pour Memphis. La ville d'Akhetaton est abandonnée après seulement une trentaine d'années d'existence.
La revanche d'Amon
Le retour à l'orthodoxie amonienne se fait sous Toutankhaton, probablement sous l'influence du divin père Ay.
Le jeune roi commence par changer son nom en Toutankhamon. Il meurt à environ dix-neuf ans sans avoir eu d'enfant de son épouse Ankhesenamon : avec lui s'éteint la lignée d'Ahmosis. Sa veuve supplie le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer un de ses fils pour l'épouser et en faire le pharaon d'Egypte. Le prince n'arrivera jamais et l'union entre les empires hittites et égyptiens ne se fera pas.
Ankhesenamon épouse peut-être le vizir de son défunt mari, Ay qui, lui-même, ne régnera que durant quatre ans.
La réelle coupure dynastique a lieu lorsque le commandant en chef de l'armée, Horemheb, prend le pouvoir et se présente comme restaurateur de l'ordre établi.
Il fut un grand constructeur, surtout à Karnak. Après vingt-sept ans de règne, il sera enterré à Thèbes, dans la Vallée des Rois. N'ayant pas d'héritier mâle, Horemheb transmet le pouvoir à un autre militaire, un général originaire du Delta qui va fonder une nouvelle dynastie, celle des Ramsès.
Source:wikipedia-egypte-antique
Quels étaient ces personnages ?
À travers les monuments, nous sommes devenus familiers de plusieurs Pharaons de cette période, qui par la suite ne furent pas admis dans les listes officielles, mais furent considérés comme des rois partageant temporairement le pouvoir ou des Pharaons de transition dénués de légitimité. Parmi ceux-ci, Aménophis IV mérite une attention particulière : durant un règne très actif de douze ans, il tenta d'accomplir une réforme complète de toutes les institutions profanes et spirituelles. Il se bâtit une capitale royale dans le centre de l'Egypte, près de l'actuel Tell El-Amarna, introduisit de nouvelles fonctions, de nouveaux usages, et visa rien de moins que d'abolir tout le système religieux des Égyptiens qui avait subsisté jusque-là, et d'établir à la place le culte du Soleil. De fait, les anciens dieux furent à tel point persécutés par ce roi qu'il effaça les noms de tous les dieux, à la seule exception du Dieu-Soleil Râ, de tous les monuments accessibles dans toute l'étendue du pays ; et comme son propre nom, Aménophis, contenait le nom d'Amon, il le changea en Bech-en-Aten (Akhé-naton), "Adorateur du disque solaire".
Les représentations avaient un style et une manière qu'on n'avait encore jamais rencontré, ni classique ni vraiment pharaonique, avec des images invraisemblablements déformées.
On ne sait quel génial théologien a imaginé le célèbre aspect du disque rayonnant, mais cette extraordinaire idée de représentation illustre parfaitement le propos : les rayons issus du disque se terminent par des mains et descendent sur toute la création. Ils embrassent l'univers entier auquel ils donnent vie par l'intermédiaire du couple royal, lequel est toujours le seul à recevoir le signe de vie, l'Ankh
.
Ce qui intrigua les Egyptologues c'est qu'après le règne d'Akhénaton, les noms et les images du couple royal d' El-Amarna avaient été eux-aussi systématiquements martelés par leurs successeurs, à l'évidence, les réformes d'Akhenaton n'avaient pas suscité une approbation générale ! Et ce n'était pas le souvenir du seul Akhenaton qui avait été effacé : ses successeurs, Séménekh-karê, Toutankhamon et Ay, furent ignorés de la même manière dans les listes royales postérieures. Ces souverains avaient en commun un trait spécifique : chacun avait plus ou moins été associés à El-Amarna et à ce que cette cité représentait. Et ils l'avaient chèrement payé !
La succession d'Akhénaton
Toute référence au roi Akhenaton, toutes ses représentations et son nom furent systématiquement détruits, son sarcophage fracassé, et sa momie d'abord rapatriée à Thèbes a ensuite disparu. Et ceci se fait avec l'adhésion générale de tout un peuple, et sans qu'aucune voix ne semble s'être s'élever pour défendre la religion hérétique. La stèle "du Renouveau" proclamera sous Toutankhamon

que la réforme était terminée, que les cultes trop longtemps négligés des dieux et déesses traditionnels étaient rétablis. Un peu comme si le pays avait guéri d'une grâve maladie...Cette "damnation" s'étendra ensuite à ses trois successeurs immédiats dont Toutankhamon.
Finalement, lorsque le général Horemheb

sera devenu pharaon, on lui attribuera 59 ans de règne, comme s'il avait été le successeur direct d'Aménophis III, gommant ainsi littéralement de l'histoire Egyptienne toute la période Amarnienne.
Source:Ufopublication le vieux compagnon.
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| Alexandre III le Grand |
 L'épopée
Roi de Macédoine (336-323 av. J.-C.). Alexandre III le Grand, maître de la Grèce,
de l'Egypte,
 et de l'Asie,
est l'un des personnages les plus illustres de l'histoire universelle. Ses exploits, évoqués par la Bible et le Coran, sa gloire entretenue et célébrée en Orient comme en Occident en font un héros et une figure de légende.Fils d'Olympias, princesse d'Epire, et de Philippe II, roi de Macédoine, Alexandre III le Grand reçoit une éducation princière et a pour précepteur Aristote. Adolescent, il donne toute la mesure de son talent militaire en assumant, en 340, la régence du royaume macédonien et en s'illustrant dans la guerre contre les Thébains (bataille de Chéronée en 338). Roi de Macédoine à vingt ans, il consolide les frontières du royaume, pousse jusqu'au Danube, soumet les Thraces et neutralise les Illyriens. En Grèce, il impose sa loi aux cités d'Athènes et de Thèbes et, en 335, reforme à son profit la ligue de Corinthe.
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La progression en territoires perses
Commence alors pour Alexandre une longue aventure qui, en un peu plus d'une décennie, va le mener sur les bords de l'Indus et de l'Oxus. Reprenant le projet formé par son père d'une «guerre de représailles» contre les Perses, il franchit l'Hellespont et débarque en Troade avec 30'000 fantassins et 5'000 cavaliers. Des succès rapides lui permettent de libérer les cités grecques et de triompher des soldats du Grand Roi des Perses, Darius (bataille du Granique, juin 334). Depuis la cité de Gordion - où il tranche le légendaire nœud gordien, geste qui lui promet la possession de l'empire d'Asie -, Alexandre progresse à l'intérieur des territoires perses. En automne 333, il occupe les villes côtières de Syrie et de Phénicie.
La «libération» de l'Egypte
La prise de Gaza lui ouvre la voie de l'Egypte, où il pénètre en décembre 332. Le pays des pharaons l'accueille en libérateur; en retour, Alexandre multiplie les gestes politiques: sacrifices au dieu Apis, pèlerinage au sanctuaire d'Amon, à Siouah, où les prêtres lui confèrent le titre de «fils d'Amon». En janvier 331, il fonde sa première ville coloniale, Alexandrie, qui va devenir pendant des siècles un brillant centre de l'hellénisme. D'Egypte, Alexandre gagne ensuite la Mésopotamie, où il triomphe définitivement de Darius dans la plaine de Gaugamèles (octobre 331).

Le roi de l'Asie
Après les prises de Babylone, Suse, Persépolis, Pasargades et Ecbatane, il est consacré roi d'Asie et héritier des Achéménides. La «pacification» de l'Asie centrale, qui nécessite près de trois ans (329-327), s'étend à l'Hyrcanie, l'Arie, l'Arachosie, la Bactriane, la Sogdiane et porte Alexandre jusqu'aux «bornes de Bacchus», limites septentrionales de l'oikoumenê (terme grec qui désignait l'ensemble des terres habitées, et, dans ce cas précis, le Caucase). Le long de sa route, le conquérant crée de nombreuses Alexandries dont certaines portent aujourd'hui les noms de Harat, Kandahar, Samarkand.
En 327, l'aventure se poursuit au-delà des passes de l'Hindou Kouch. Dévalant dans la plaine, Alexandre traverse l'Indus en 326 et, au terme d'une bataille contre l'armée du roi indien Paurava, occupe la région du Pendjab, où il crée les colonies grecques de Nicée et de Bucéphalie. Le retour, en juillet 326, se fait le long de la vallée de l'Indus. Arrivée à Pattala en 325, l'armée se scinde en trois fractions: l'amiral Néarque rentre par mer à travers le golfe Persique; Cratère ramène une deuxième partie des troupes par les passes du Bolan; Alexandre emprunte les déserts de Carmanie et de Gédrosie.
L'œuvre
Rentré à Babylone en 323, Alexandre se préoccupe de l'organisation de son empire.La fusion entre vainqueurs et vaincusAlexandre rompt avec l'idéal hellénique qui préconise la distinction entre Grecs et Barbares en tentant une politique de fusion entre ses nouveaux sujets et les anciens. Il copie la monarchie achéménide, se dote d'une cour et, à la grande indignation des Grecs, impose le cérémonial de la prosternation («proskynèse»). Inversement, il fait éduquer à la grecque près de 30'000 enfants perses. Pour gérer ses territoires disparates, Alexandre fait appel aux Grecs, aux Perses et aux indigènes, avec cependant prépondérance des premiers dans les domaines militaires et financiers. L'unité administrative demeure la satrapie achéménide, sauf à l'est, où sont créés de grands commandements militaires. Le système financier est unifié par l'adoption d'une monnaie impériale, la drachme d'étalon attique, qui remplace les dariques, plus lourdes.
La politique économique
La politique économique se révèle des plus hardies. Elle se fait pour l'essentiel en cours de conquête: dans chaque région conquise, Alexandre prend soin de recenser les richesses et d'explorer les voies maritimes, fluviales et terrestres. Ainsi, en Egypte, en 331, il organise une mission scientifique chargée d'étudier la crue du Nil; en Inde, il fait explorer le delta de l'Indus, étudier la flore, la faune, le sous-sol et même dresser des cartes; en Babylonie, à son retour, il édifie un grand port. Sa mort prématurée, en juin 323, met un terme à ses projets de conquête des côtes du golfe Arabo-Persique et d'Arabie. Les Alexandries, ces avant-postes de l'hellénisme, participent aussi de cette volonté d'exploiter des pays dont la richesse est avant tout fondée sur l'importance des ressources naturelles.
Le mythe d'Alexandre
L'histoire d'Alexandre est aussi celle d'un mythe né dans l'Antiquité et entretenu par les historiographes orientaux et occidentaux.
L'historiographie antique
La Grèce
Ce sont d'abord Onésicrite et Callisthène, compagnons du conquérant lors de l'expédition d'Asie qui, dans deux panégyriques, posent les premiers jalons de la légende. Peu après, Clitarque d'Alexandrie, historien grec du IVe siècle av. J.-C., écrit une Histoire d'Alexandre qui, truffée de fables, tient plus du roman que de la biographie. Ce fut le premier d'une série d'ouvrages qui vont peu à peu sous-tendre, dans le monde oriental puis occidental, tout le mythe alexandrin. A l'inverse des Grecs d'Orient qui glorifièrent Alexandre, Sparte, Thèbes et Athènes dénièrent tout mérite au «jeune homme de Pella». Lui reprochant la mort de Callisthène qui fut de leur école, les péripatéticiens entreprirent à son encontre une campagne haineuse, puis, délibérément, l'ignorèrent. Les auteurs comiques le traitèrent d'ivrogne et le raillèrent. Les stoïciens firent de même, insistant sur son penchant pour la luxure et l'argent. Mais Plutarque de Chéronée atténuera la longue impopularité du Macédonien, et Arrien (IIe s. apr. J.-C.), dans son Anabase, le réhabilitera.
L'Egypte
C'est à ses premiers historiens, mais aussi aux Ptolémées, rois grecs de l'Egypte, que revient la part la plus importante dans la formation du mythe. Ces derniers, pour conforter leur dynastie et renforcer leur pouvoir, usent à souhait de l'image d'un Alexandre égyptien, héros et divin à la fois. Le premier d'entre eux, Sôtêr, ancien lieutenant d'Alexandre et probablement le commanditaire du livre de Clitarque, frappe des monnaies à l'effigie du Macédonien (au lieu de celle d'Héraclès) et institue des Alexandreia (jeux). Ses successeurs vont affirmer le caractère divin du Macédonien par une assimilation à des dieux tels que Zeus, Poséidon, Héphaïstos, Hermès, Mithra, Dionysos, ou à des héros comme Héraclès et les Dioscures.
Rome

D'Alexandrie, l'admiration pour le conquérant gagne progressivement Rome. En pleine deuxième guerre punique, Plaute y voit le modèle parfait du héros. Plus tard, sous l'Empire, Commode frappe monnaie à son effigie et Caracalla s'en inspire pour élaborer une «Constitution antonine» qui met sur pied d'égalité Orientaux et Occidentaux.
La «nouvelle» histoire d'Alexandre
Mais l'Orient, et plus particulièrement Alexandrie, entendent rester maîtres de la légende. Vers 222, une Histoire d'Alexandre le Grand, faussement attribuée à Callisthène et probablement composée par des auteurs alexandrins, impose une nouvelle vision du personnage et de son épopée.
Les changements chronologiques
Ce roman, traduit en latin vers 338-340 par Julius Valerius Polemius, transfigure pour plus de dix siècles l'image déjà dénaturée du Macédonien. Alexandre, écrit-on dans l'œuvre de ce pseudo-Callisthène, naquit de l'union d'Olympias avec Nectanebo, dernier pharaon d'Egypte qui, pour fuir l'armée du Perse Artaxerxès III, va se réfugier à Pella, capitale de la Macédoine.
Les changements géographiques
De plus, à côté de cette chronologie fallacieuse, le pseudo-Callisthène introduisit une nouvelle géographie des conquêtes alexandrines. Celles-ci auraient commencé à Rome et non en Orient. De la sorte, l'Egypte, alors conquise par les Romains, prenait une revanche morale sur ses conquérants. Soucieux d'affirmer l'universalité de l'entreprise alexandrine, le pseudo-Callisthène promène son héros à travers les limites de l'oikoumenê, agrémentant chacun de ses déplacements d'une aventure merveilleuse. Ainsi, à l'Est (en Inde), Alexandre rencontre les sages brahmanes et s'entretient avec eux de la vie et de la mort, de la royauté et de la puissance. Au Nord (dans le Caucase), il affronte Gog et Magog, forces du mal qu'il parvient à contenir derrière un mur de fer. A l'Ouest, il va jusqu'aux îles Fortunées où il plonge dans les abysses. Tous ces voyages et ces récits sont repris et enjolivés dans les versions postérieures de ce premier «roman» d'Alexandre.
Source:memo
LA VÉRITÉ SUR LA MORT D’ALEXANDRE 
Alexandre avait deux historiographes, Eumène de Cardia et Diodote d’Érythrée, qui consignaient jour par jour les événements. Ce recueil fut publié ; il était connu dans l’antiquité sous le titre d’Éphémérides royales. Des détails peu importants s’y trouvaient, comme le reste ; ainsi nous apprenons dans ces Éphémérides qu’il arriva plus d’une fois au roi de Macédoine, après s’être enivré, de dormir deux jours et deux nuits de suite. Sa dernière maladie y a figuré, et des extraits concordants ont été conservés par Arrien et par Plutarque. Voici ce qu’ils disaient :
Alexandre but chez Médius, où il joua, puis il se leva de table, prit un bain et dormit ; ensuite il fit le repas du soir chez Médius, et il but de nouveau très avant dans la nuit. C’était le 17 du mois de dæsius.Étant sorti de là (c’était le 18), il prit un bain ; après le bain, il mangea un peu et dormit dans le lieu même, parce qu’il avait déjà la fièvre. Il se fit transporter sur un lit pour faire le sacrifice et sacrifia chaque jour suivant les rites. Après le sacrifice, il resta couché dans l’appartement des hommes jusqu’à la nuit. Là, il donna des ordres aux officiers pour l’expédition par terre et par la navigation ; il enjoignit à ceux qui devaient aller par terre de se tenir prêts pour le quatrième jour, à ceux qui se devaient embarquer lui de se tenir prêts pour le cinquième. De là, il se fit transporter sur un lit jusqu’au fleuve, s’embarqua sur un bateau et se rendit dans le jardin royal, situé sur l’autre rive. Là, il prit de nouveau un bain et il se reposa.
Le lendemain, il prit de nouveau un bain et fit le sacrifice ordonné. Étant allé dans sa chambre, il y resta couché et joua toute la journée aux dés avec Médius. Il commanda aux officiers de venir le trouver le lendemain matin de très bonne heure, puis le soir il prit un bain, fit le sacrifice aux dieux, mangea quelque peu, se fit reporter dans sa chambre ; et déjà il eut la fièvre toute la nuit sans interruption.
Le jour suivant, il prit un bain, et après ce bain il fit le sacrifice. Couché dans la salle de bains, il passa le temps avec les officiers de Néarque, écoutant ce qu’ils disaient de la navigation et de la grande mer.
Le jour suivant, il prit un nouveau bain, il fit les sacrifices ordonnés. Il ne cessa plus d’avoir la fièvre, et la chaleur fébrile fut plus grande. Cependant il fit venir les officiers, et leur recommanda de se tenir tout prêts pour le départ de l’expédition par eau. Il prit un bain sur le soir, et après le bain son état se trouva déjà fâcheux ; la nuit fut pénible.
Le jour suivant, il fut transporté dans la maison située près du grand bassin ; il fit, il est vrai, le sacrifice ordinaire, mais il avait beaucoup de fièvre. Il resta couché ; néanmoins, avec ses généraux, il parla des corps qui étaient privés de chefs, et leur recommanda d’y pourvoir.
Le jour suivant, il fut porté avec peine au lieu du sacrifice, qu’il fit cependant ; il ne donna plus aucun ordre à ses généraux sur la navigation.
Le jour suivant, ayant beaucoup de fièvre, il se leva pour le sacrifice, qu’il fit. Il ordonna aux principaux de ses généraux de passer la nuit dans la cour, aux officiers inférieurs dé la passer dehors, devant les portes.
Le jour suivant, il fut transporté du jardin royal dans le palais ; il dormit un peu, mais la fièvre n’eut pas de relâche. Les généraux étant entrés, il les reconnut, mais ne leur parla plus ; il avait perdu la parole, et il eut une fièvre violente la nuit.
Le jour suivant et la nuit, grande fièvre. Les Macédoniens le crurent mort, ils vinrent, en poussant de grands cris, jusqu’aux portes, et par leurs menaces ils forcèrent les hétères 5familiers) de les leur ouvrir. Les portes ayant été ouvertes, ils passèrent tous en simple tunique devant le lit.
Le jour suivant ; même état, et le lendemain le roi mourut vers le soir.
Ainsi Alexandre est mort d’une de ces fièvres qui sont si communes en Algérie, en Grèce, dans l’Inde,et qui certainement règnent encore sur le bord de l’Euphrate.
Dès lors, la question d’empoisonnement se trouve résolue ; puisqu’il est établi que son affection fut une fièvre, il est établi par cela même que le poison et encore moins l’eau du Styx n’y furent pour rien.
Éphippus, dans son livre sur la Sépulture d’Alexandre et d’Éphestion, avait attribué la mort d’Alexandre à des excès de boisson. Protéas le Macédonien, dit-il, était très grand buveur, jouissant néanmoins d’une bonne santé, car il était habitué. Alexandre, ayant demandé une large coupe, la vida avant Protéas. Celui-ci la prit, donna de grandes louanges au roi, et à son tour but la coupe de manière à s’attirer les applaudissements de tous les convives. Peu après, Protéas, ayant demandé la même coupe, la vida de nouveau. Alexandre lui fit raison avec courage ; mais il ne put supporter cet excès de boisson ; il se laissa tomber sur son oreiller, et la coupe lui échappa des mains. Ce fut là que commença la maladie dont il mourut, maladie infligée par la colère de Bacchus, à cause qu’il avait, pris la ville de Thèbes, patrie de ce dieu.
On déchargera Bacchus de toute intervention dans la maladie du prince. A la vérité, des excès de vin peuvent, débilitant l’économie, la rendre plus accessible aux influences morbifiques ; mais Alexandre était dans un lieu où les causes qui produisent les fièvres intermittentes et rémittentes sont très puissantes ; il venait de faire avec quelques vaisseaux une promenade dans les marais que forme l’Euphrate au-dessous de Babylone, et c’était là un ennemi dangereux contre lequel ne pouvaient rien son invincible phalange et ses victoires, mais duquel un médecin habile et, actif l’aurait peut-être préservé.
Que fit-on pour combattre la maladie ? Les Éphémérides royales, au moins dans les extraits qui nous ont été conservés par Arrien et Plutarque, omettent toute mention des médecins et des secours médicaux ; elles ne parlent que des sacrifices qu’Alexandre fit régulièrement et des bains qu’il prit avec non moins de régularité tant que ses forces le lui permirent.
Source:mediterranee-antique
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| Curiosités judiciaires et historiques du Moyen Age |
Le théologien Félix Malléolus, vu lgairement appelé Hemmerlin, qui vivait un siècle avant Chasseneuz et qui avait publié un traité des exorcismes (53), s'était également occupé, dans la seconde partie de cet ouvrage, de la procédure dirigée contre les animaux. Il parle d'une ordonnance rendue par Guillaume de Saluces, évêque de Lausanne, au sujet d'un procès à intenter contre les sangsues, qui corrompaient les eaux du lac Léman et en faisaient mourir les poissons. Un des articles de cette ordonnance prescrit qu'un prêtre, tel qu'un curé, chargé de prononcer les malédictions, nomme un procureur pour le peuple ; que ce procureur cite, par le ministère d'un huissier, en présence de témoins, les animaux à comparaître, sous peine d'excommunication, devant le curé à jour fixe. Après de longs débats cette ordonnance fut exécutée le 24 mars 1451, en vertu d'une sentence que l'official de Lausanne prononça, sur la demande des habitants de ce pays, contre les criminelles sangsues, qui se retirèrent dans un certain endroit qu'on leur avait assigné, et qui n'osèrent plus en sortir.  Le même auteur rend compte aussi d'un procès intenté dans le treizième siècle contre les mouches cantharides de certains cantons de l'électorat de Mayence, et où le juge du lieu, devant lequel les cultivateurs les avaient citées, leur accorda, attendu, dit-il, l'exiguïté de leur corps et en considération de leur jeune âge (54), un curateur et orateur, qui les défendit très dignement et obtint qu'en les chassant du pays on leur assignât un terrain oû elles pussent se retirer et vivre convenablement. « Et aujourd'hui encore, ajoute Félix Malléolus (55), les habitants de ces contrées passent chaque année un contrat avec les cantharides susdites et abandonnent à ces insectes une certaine quantité de terrain, si bien que ces scarabées s'en contentent et ne cherchent point à franchir les limites convenues. »
L'usage de ces mêmes formes judiciaires nous est encore révélé dans un procès intenté, vers 1587, à une espèce de charançon (le rynchites auralus) qui désolait les vignobles de Saint-Julien, près Saint-Julien de Maurienne. Sur une plainte adressée par les habitants à l'official de l'évêché de Maurienne, celui-ci nomma un procureur aux habitants et un avocat aux insectes, et rendit une ordonnance prescrivant des processions et des prières, et recommandant surtout le payement exact des dîmes. Après plusieurs plaidoiries, les habitants, par l'organe de leur procureur, firent offrir aux insectes un terrain dans lequel ils devraient se retirer sous les peines de droit. Le défenseur des insectes demanda un délai pour délibérer, et les débats ayant été repris au bout de quelques jours, il déclara, au nom de ses clients, ne pouvoir accepter l'offre qui leur avait été faite, attendu que la localité en question était stérile et ne produisait absolument rien ; ce que nia la partie adverse. Des experts furent nommés. Là s'arrêtent malheureusement les pièces connues du procès, et l'on ignore si l'instance fut reprise et quelle décision prononça l'official (56). Mais ces détails, réunis à ceux que nous avons donnés précédemment, suffisent pour montrer quelles étaient, il y a trois siècles, les formes suivies dans ces singulières procédures. |
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Nous n'avons pas besoin de nous étendre sur les motifs qui avaient déterminé l'Église à employer l'excommunication contre les animaux. On comprend quel avantage ce moyen pouvait offrir au clergé, d'un côté par l'influence qu'il exerçait sur l'esprit timide et crédule des populations alors ignorantes et superstitieuses ; d'un autre côté par le résultat pécuniaire, qui était toujours le but occulte de ses persévérants efforts. Toutefois, après plusieurs siècles, et grâce à la diffusion des lumières, ces pratiques vicieuses cessèrent, et on vit enfin disparaître ces abus de l'excommunication également contraires à la sublime morale de l'Évangile et aux vrais principes de la foi catholique.
Mais poursuivons nos investigations.
La première excommunication fulminée contre les animaux remonte au douzième siècle. En effet Saint-Foix, dans ses Essais historiques sur Paris , nousapprend que l'évêque de Laon prononça en 1120 l'excommunication contre les chenilles et les mulots, à raison du tort qu'ils faisaient aux récoltes.
De la part des tribunaux ecclésiastiques, l'usage de faire des procès aux insectes ou autres animaux nuisibles à la terre et de fulminer contre eux l'excommunication, était en pleine vigueur au quinzième et au seizième siècle.
Voici, par ordre de dates, plusieurs sentences relatives à notre sujet :
Sentence prononcée en 1451 par l'official de Lausanne contre les sangsues du lac Léman .
Sentence rendue à Autun le vendredi 2 mai 1480 contre les hurebers (insectes plus gros que les mouches), en faveur des habitants de Mussy et de Pernan, par les vicaires généraux d'Antoine de Châlon, évêque d'Autun, par laquelle il est enjoint aux curés de la lire en chaire et de répéter l'excommunication donec appareat effectus .
Sentence rendue contre les limaces le 6 septembre 1481 par Jehan Noseret, chanoine de Beaujeu, chantre de Mâcon et vicaire général du cardinal Philibert Hugonet, évêque de Mâcon, dans laquelle on cite l'exemple de saint Mammet, évêque de Vienne, qui conjura de cette manière certains diables qui avaient pris la figure de loups et de porcs et qui dévoraient les enfants jusque dans les rues de la ville .
Sentence des grands vicaires de Jean Rollin, cardinal évêque d'Autun, donnée à Mâcon le 17 août 1487. Informés que les limaces dévastent depuis plus d'un an plusieurs terres du diocèse, ces vicaires mandent aux curés de faire des processions générales pendant trois jours sur leurs paroisses, et d'y enjoindre aux limaces de vider leur territoire sous un semblable délai, sinon de les maudire .
Sentence des grands vicaires d'Antoine Cabillon, évêque d'Autun, donnée à Autun le 2 mai 1488. Sur la requête présentée par plusieurs paroisses des environs de Beaune, les grands vicaires mandent aux curés d'enjoindre, pendant les offices ou les processions, aux urebers de cesser leurs ravages, ou de les excommunier .
Sentence du grand vicaire de l'église de Mâcon, donnée à Beaujeu le 8 septembre 1488, sur les plaintes de plusieurs paroissiens. Même mandat aux curés de faire trois invitations aux limaces de cesser leurs dégâts, et faute par elles d'obtempérer à cette injonction, de les excommunier .
Sentence d'excommunication prononcée par le juge ecclésiastique dans les premières années du seizième siècle, contre les sauterelles et les bruches (becmares) qui désolaient le territoire de Millière en Cotentin, et qui dès lors périrent toutes .
Sentence de l'official de Troyes en Champagne, du 9 juillet 1516. « En cette année les habitants de Villenauxe, au diocèse de Troyes, présentent requête à l'official de cette ville, disant qu'ils sont excessivement incommodés depuis plusieurs années par des chenilles qu'ils appelaient hurebets : Adversus bruchos seu erucas, vel alia non dissimilia ANIMALIA gallice hurebets. Ce juge ecclésiastique ordonne d'abord, sur les conclusions du promoteur, une information et une descente de commissaires, qui reconnurent que les dommages causés par les animaux dont on se plaignait étaient très-considérables : sur quoi première ordonnance qui enjoint aux habitants de corriger leurs moeurs. Bientôt une nouvelle requête dans laquelle ceux-ci promettent de mener une meilleure conduite. Seconde ordonnance de l'official, qui enjoint aux hurebets de se retirer dans six jours des vignes et territoires de Villenauxe, même de tout le diocèse de Troyes, avec déclaration que si dans le terme prescrit ils n'obéissent pas, ils sont déclarés maudits et excommuniés. Au surplus enjoint aux habitants d'implorer le secours du ciel, de s'abstenir d'aucuns crimes, et de payer sans fraude les dîmes accoutumées.
« Procès intenté en 1585 aux chenilles du diocèse de Valence. Ces chenilles s'étaient tellement multipliées en cette année dans cette contrée, que les murailles, les fenêtres et les cheminées des maisons en étaient couvertes, même dans les villes. « C'était, dit Chorier, une vive et hideuse représentation de la plaie d'Égypte par les sauterelles. Le grand vicaire de Valence les fit citer devant lui ; il leur donna un procureur pour se défendre. La cause fut plaidée solennellement ; il les condamna à vider le diocèse, mais elles n'obéirent pas. La justice humaine n'a pas d'empire sur les instruments de la justice de Dieu.
« Il fut délibéré de procéder contre ces animaux par anathème et par imprécation et, comme l'on parlait, par malédiction et par excommunication. Mais deux théologiens et deux jurisconsultes ayant été consultés, ils firent changer de sentiment au grand vicaire, de sorte que l'on n'usa que d'abjuration, de prières et d'aspersion d'eau bénite. La vie de ces animaux est courte, et la dévotion ayant duré quelques mois, on lui attribua la merveille de les avoir exterminés . »
Un savant théologien qui vivait au seizième siècle, Navarre, dont le vrai nom était Martin Azpilcueta, rapporte qu'en Espagne un évêque excommunia du haut d'un promontoire les rats, les souris, les mouches et autres animaux semblables qui dévastaient les blés et autres fruits de la terre , leur commandant de sortir du pays dans trois heures pour tout délai, et qu'au même instant la plupart de ces animaux s'enfuirent à la nage dans une île qui leur avait été désignée, se faisant un devoir d'obéir au commandement de l'évêque .
Ainsi, d'après le texte des diverses sentences que nous venons de rapporter, l'excommunication était ordinairement précédée de monitions, c'est-à-dire d'avertissements donnés aux animaux de cesser leurs dégâts ou de quitter le pays. Ces monitions étaient faites par les curés des paroisses. Le plus souvent elles étaient au nombre de trois ; entre chacune desquelles on laissait deux jours d'intervalle. Quelquefois aussi on se contentait d'une seule monition, ce qui d'ailleurs est autorisé par le droit canon, lorsqu'il s’agit d'une affaire extraordinairement pressée.
Mais comme il arrivait fréquemment que les monitions ne produisaient pas l'effet qu'on pouvait en espérer, et que les animaux, malgré ces avertissements, persistaient à rester dans les lieux dont on demandait à ce qu'ils sortissent, l'excommunication était définitivement prononcée.
Dans le dix-septième siècle on ne rencontre plus que quelques rares procès intentés parles officialités contre les animaux ; c'est qu'en effet l'Église, à cette époque, avait presque renoncé à ces ridicules procédures ; aussi voit-on alors dans les règlements des différents diocèses de France introduire certaines prohibitions destinées à corriger ces abus. Ainsi par exemple, dans le rituel d'Evreux de 1606, le cardinal Duperron défend à toute sorte de personnes d'exorciser les animaux et d'user à leur occasion de prières, oraisons, etc., sans sa permission expresse et donnée par écrit : « Cavea sacerdos ne vel ipse hoc munus exerceat , neve alios ad ipsum exercendum admittat, nisi prius habita in SCRIPTIS facultate a reverendissimo Ebroicensi episcopo. »
De leur côté, les meilleurs canonistes du temps ne craignaient pas de censurer énergiquement ces excommunications fulminées contre les animaux (69). Écoutons ce qu'écrit à ce sujet le chanoine Éveillon dans son Traité des excommunications, publié en 1651, ouvrage qui jouit en cette matière d'une réputation méritée.
Parlant de ces sortes de procès :
« J'en représenterai, dit-il (, un ici en propres termes, à ce qu'on voit comme souvent les peuples se laissent embrouiller de plusieurs erreurs et opinions absurdes auxquelles les supérieurs ecclésiastiques doivent prendre garde de se laisser emporter par une trop facile condescendance, sous prétexte de charité ; car de cette trop grande facilité naissent souvent des coutumes préjudiciables à la foi et à la religion, qu'il est certainement difficile d'extirper par après sans grand scandale et désordre ; les peuples s'opiniâtrent à toute extrémité à défendre des superstitions et abus publics pour ce qu'ils croyent que ce sont des sainctes sentences de la piété de leurs ancêtres, desquels ils révèrent la mémoire, principalement quand il y a intérêt à leur profit. »
Après avoir rapporté en son entier le texte de la sentence du 9 juillet 1516, sentence que nous avons mentionnée ci-dessus, le même auteur continue en ces termes :
« Voici donc un échantillon de la fausse piété des peuples à laquelle les supérieurs ecclésiastiques se sont laissé décevoir. Ils étaient si simples que de faire le procès à ces bestioles pour les formes, les citer, leur donner un advocat pour les défendre, faire des enquêtes des dommages par elles faits et autres semblables. Puis ils conjuraient les divers animaux, leur déclarant qu'ils eussent à sortir de tout le territoire et se transporter en lieu où ils ne puissent nuire. Si le mal ne cessait par cette conjuration, le juge ecclésiastique prononçait sentence d'anathème et de malédiction, dont il adressait l'exécution aux curés, prêtres et habitants, les conviant de faire pénitence de leurs péchés, pour punition desquelles Dieu envoie ordinairement telles calamités. »
« C'est une chose certaine en théologie, ajoute ce canoniste , qu'il n'y a que l'homme baptisé qui puisse être excommunié. »
Après quelques développements sur ce point, Eveillon finit par conclure que les animaux ne peuvent être excommuniés, qu'on peut seulement les exorciser ou adjurer dans les termes et suivant les cérémonies prescrites, sans superstition et sans observer comme autrefois une ridicule poursuite suivie d'une sentence d'anathème et de malédiction
Dulaure signale encore l'existence d'un procès intenté, dans les premières années du dix-huitième siècle, contre les chenilles qui désolaient le territoire de la petite ville de Pont-du-Château, en Auvergne. Un grand vicaire, appelé Burin, excommunia ces chenilles et renvoya la procédure au juge du lieu, qui rendit une sentence contre ces insectes et leur enjoignit solennellement de se retirer dans un territoire inculte qui leur était désigné.
Ces procédures n'étaient pas seulement suivies en Europe, mais leur usage s'était propagé jusqu'en Amérique. On y fulminait l'excommunication contre des oiseaux et contre des insectes.
Le baron de la Hontan, qui, vers la fin du dix-septième siècle, passa de longues années au Canada, raconte que « le nombre des tourterelles était si grand dans ce pays, que l'évêque avait été obligé de les ex-communier plusieurs fois par le dommage qu'elles faisaient aux biens de la terre »
Nous trouvons aussi l'excommunication pratiquée au Brésil contre des fourmis ou cabas. Nous y voyons au commencement du dix-huitième siècle les religieux du monastère de Saint-Antoine intenter une action en violation de propriété contre ces insectes, afin de les faire, sous peine d'excommunication, déguerpir des lieux qu'ils avaient envahis. Le Père Manoel Bernardes, dans sa Nova Floresta a donné la relation de ce singulier procès. Nous croyons intéressant de mettre sous les yeux du lecteur ce curieux document, transmis par cet écrivain portugais. En voici la traduction exacte :
« Procès extraordinaire qui a eu lieu entre les Frères mineurs de la province de Piedade no Maranhao et les fourmis dudit territoire.
« II est arrivé (à ce que raconte un religieux dudit ordre et de cette province) que les fourmis, qui dans cette capitainerie sont nombreuses et très-grandes et nuisibles, afin d'agrandir leur empire souterrain et de grossir leurs greniers, ont de telle façon miné les caves des frères en creusant la terre sous les fondations, que le bâtiment menaçait ruine. Et, ajoutant délit à délit, elles volèrent la farine que l'on y gardait pour l'usage quotidien de la communauté. Comme les multitudes ennemies étaient serrées et infatigables à toute heure de jour et de nuit,Parvula, nam exemplo est, magni formica laboris
Ore trahit quodcumque potest, alque addit acervo
Quem struit ,les religieux en vinrent à souffrir du besoin de la faim et à y chercher un remède ; et comme les moyens dont ils firent l'essai furent sans résultat, parce que l'accord dans cette multitude y fut un obstacle insurmontable, en dernier ressort, un religieux, mû par un instinct supérieur (chose que l'on peut bien croire), donna le conseil que, recourant à cet esprit d'humilité et de simplicité qui faisait que leur séraphique patriarche nommait frères toutes les créatures : frère soleil, frère loup, soeur hirondelle, etc., ils élevassent une action contre ces soeurs fourmis devant le tribunal de la divine Providence, et nommassent des procureurs tant pour les demandeurs que pour les défenderesses, et que leur prélat fût le juge qui, au nom de la suprême équité, eût connaissance du procès et décidât la cause.
« Le plan fut approuvé ; et après avoir tout disposé de la sorte, le procureur des religieux présenta une requête contre les fourmis, et comme elle fut contestée par la partie de ces dernières, il articula que les demandeurs, se conformant aux statuts de leur ordre mendiant, vivaient d'aumônes qu'ils recueillaient à grand'peine dans les habitations de ce pays, et que les fourmis, animal dont l'esprit est totalement contraire à l'Évangile, et qui était abhorré par cette raison de saint François, leur père, ne faisaient que les voler, et non-seulement procédaient en larrons fourmiliers, mais encore que par des actes de violence manifeste, elles prétendaient les expulser de leur maison et la ruiner ; et que par conséquent elles étaient tenues de donner leurs motifs, et sinon, il concluait qu'elles devaient toutes mourir de quelque peste ou être noyées par quelque inondation, ou tout au moins être pour toujours exterminées dans ce district.
« Le procureur du petit peuple noir, répliquant à ces conclusions, allégua avec justice pour ses clients, en premier lieu : qu'ayant reçu du Créateur le bienfait de la vie, elles avaient le droit naturel de la conserver par les moyens que le Seigneur lui-même leur avait enseignés. - Item, que dans la pratique et l'exécution de ces moyens, elles servaient le Créateur en donnant aux hommes l'exemple des vertus qu'il leur a ordonnées, savoir, de la prudence en pensant à l'avenir et en économisant pour les temps de misère : Formicae populus infirmus, qui praeparat in messe cibum sibi (; de la diligence, en amassant en cette vie des mérites pour la vie future selon saint Jérôme : Formica dicitur strenuus quisque et providus opexarius, qui presenti vita, velut in aestate, fructus justitiae quos in aeque dans la pratique et l'exécution de ces moyens, elles servaient le Créateur en donnant aux hommes l'exemple des vertus qu'il leur a ordonnées, savoir, de la prudence en pensant à l'avenir et en économisant pour les temps de misère : , ; de la diligence, en amassant en cette vie des mérites pour la vie future selon saint Jérôme : ternum recipiet sibi recondit ( ;de la charité, en s'aidant. les unes les autres, quand la charge est plus grande que leurs forces : Pacis et concordiae (dit un savant) vivum exemplum formica reliquit, quae suum comparem, forte plus justo oneratum, naturali quadam charitate alleviat ; et aussi de la religion et de la piété, en donnant la sépulture aux morts de leur espèce, comme l'écrit Pline : Sepeliuntur inter se viventium solae, praeter hominem ; et que le moine Marchus a observé à l'appui de sa doctrine : Hae luctu celebri corpora defuncta deportabant (. - Item, que la peine qu'elles avaient dans leurs travaux était beaucoup plus rude que celle des demandeurs pour recueillir, parce que la charge était bien souvent plus grande que leur corps, et leur courage supérieur à leurs forces. - Item, que, en admettant qu'ils fussent des frères plus nobles et plus dignes, cependant devant Dieu ils n'étaient aussi que des fourmis, et que l'avantage de la raison compensait à peine leur faute d'avoir offensé le Créateur en n'observant pas les lois de la raison aussi bien qu'elles observaient celles de la nature ; c'est pourquoi ils se rendaient indignes d'être servis et secourus par aucune créature, car ils avaient commis un plus grand crime en portant atteinte de tant de façons à la gloire de Dieu, qu'elles ne l'avaient fait en dérobant leur farine. - Item, qu'elles étaient en possession des lieux avant que les demandeurs ne s'y établissent, et par conséquent qu'elles ne devaient pas en être expulsées, et qu'elles appelleraient de la violence qu'on leur ferait devant le trône du divin Créateur, qui a fait les petits comme les grands et qui a assigné à chaque espèce son ange gardien. -Et enfin qu'elles concluaient que les demandeurs défendissent leur maison et leur farine pari les moyens humains, qu'elles ne leur contestaient pas ; mais que malgré cela elles continueraient leur manière de vivre, puisque la terre et tout ce qu'elle contient est au Seigneur et non pas aux demandeurs : Domini est terra et plenitudo ejus
« Cette réponse fut suivie de répliques et de contre-répliques, de telle sorte que le procureur des demandeurs se vit contraint d'admettre que le débat étant ramené au simple for des créatures, et faisant abstraction de toutes raisons supérieures par esprit d'humilité, les fourmis n'étaient pas dépourvues de tout droit. C'est pourquoi le juge, vu le dossier de l'instruction, après avoir médité d'un coeur sincère ce qu'exigeait la justice et l'équité selon la raison, rendit un jugement par lequel les frères furent obligés de fixer dans leurs environs un champ convenable pour que les fourmis y demeurassent, et que celles-ci eussent à changer d'habitation et à s'y rendre de suite, sous peine d'excommunication majeure, vu que les deux parties pouvaient être conciliées sans aucun préjudice pour l'une ni pour l'autre, d'autant plus que ces religieux étaient venus dans le pays par esprit d'obédience pour semer le grain évangélique, et que l'oeuvre de leur entretien était agréable à Dieu, taudis que les fourmis pouvaient trouver leur nourriture ailleurs au moyen de leur industrie et à moins de frais. Cet arrêt rendu, un autre religieux, par ordre du juge, alla le signifier au nom du Créateur à ces insectes, en le lisant à haute voix devant les ouvertures des fourmilières. Chose merveilleuse et qui prouve combien l'Être suprême, dont il est écrit qu'il joue avec ses créatures : Ludens in orbe terrarum, fut satisfait de cette demande, immédiatement : It nigrum campis agmen, on vit sortir en grande hâte des milliers de ces petits animaux qui, formant de longues et épaisses colonnes, se rendirent directement au champ qui leur était assigné, en abandonnant leurs anciennes demeures ; et les saints religieux, affranchis de leur insupportable oppression, rendirent grâces à Dieu d'une si admirable manifestation de son pouvoir et de sa providence. »
Manoel Bernardes ajoute que cette sentence fut prononcée le 17 janvier 1713, et qu'il a vu et compulsé les pièces de cette procédure dans le monastère de Saint-Antoine, où elles étaient déposées.
Un autre procès du même genre eut lieu dans le dix-huitième siècle au Pérou. Une excommunication y fut prononcée contre des termites (espèce de fourmis blanches), désignées dans le pays sous le nom de comejones, lesquelles s'étaient introduites dans une bibliothèque et en avaient dévoré un grand nombre de volumes.
Telles étaient les singulières procédures dont nous avons essayé de retracer l'histoire. Lorsqu'on voit de pareils moyens sérieusement mis en pratique, comment ne pas croire à la vertu des sciences occultes ?
Source:citadelle
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| L'empereur des mers : le voyage de Zheng He |
Zheng He,
amiral de l'empire du Milieu qui parcourut les océans quatre-vingts ans avant Christophe Colomb.
La nouvelle, controversée, est tombée au début de l'année 2006 à Pékin : l'amiral chinois Zheng He aurait découvert l'Amérique à l'aube du XVe siècle, quatre-vingts ans avant Christophe Colomb. Une primeur historique révélée par une carte récemment retrouvée. L'authenticité de cette preuve a été aussitôt mise en doute par nombre de chercheurs. Mais l'affaire a éveillé chez les Chinois le souvenir de ce marin d'exception. Mandaté par l'empereur Yongle, troisième de la dynastie Ming, l'eunuque Zheng He parcourut les mers de 1405 à 1433 à la tête d'une armada de plusieurs dizaines de navires, ouvrant à la Chine une voie vers l'Inde, le Moyen-Orient et l'Afrique. Dans ce documentaire, le cinéaste Chen Kaige (Palme d'or à Cannes en 1993 pour Adieu ma concubine) part des traces laissées par Zheng He pour raconter sa vie, tout en dressant le bilan des hypothèses échafaudées à son sujet.
Les petits plus : Le marin eunuque
Qu'il ait ou non atteint les rivages du Nouveau Continent, Zheng He est sans conteste l'un des grands explorateurs de son temps. Né au Yunnan en 1371 dans une famille musulmane, il est capturé à l'âge de 10 ans par les troupes du premier empereur Ming (qui viennent de soustraire la province à l'influence des Mongols) et castré - le traitement infligé aux enfants mâles d'un ennemi vaincu. Devenu serviteur du prince Zhu Di, le jeune eunuque conquiert son maître par son intelligence et sa bravoure. Zhu Di, devenu empereur sous le nom de Yongle, lui confie la mission d'explorer le monde. L'intrépide navigateur accomplira sept voyages, parcourant plus de 40 000 kilomètres autour du globe.
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Si l’apparition de la marine de guerre chinoise, et en particulier de la marine
fluviale, remonte aussi loin que les débuts de l’ère chrétienne (dynastie Han), l’émergence
de la Chine comme véritable puissance maritime, à la fois commerciale et
militaire, date du Xe siècle après J.-C. (dynastie Song). Il faut sans doute chercher
parmi les raisons de cet essor la fermeture plus ou moins définitive des frontières de
l’Ouest, donc de la route de la soie, dans le courant du siècle précédent, ainsi qu’un
développement important des produits manufacturés et de leur commercialisation,
entraînant un début de négoce actif et prospère, en particulier par voie maritime.
Nous examinerons successivement les progrès des techniques maritimes sous les
Song (960-1278), les principaux types de bateaux, les particularités techniques des
bateaux chinois, les campagnes outre-mer sous la dynastie mongole (1271-1368), et
enfin les expéditions maritimes de l’amiral Zheng He au début de la dynastie Ming
(1368-1644), qui marquent à la fois l’apogée et la fin de la puissance maritime de la
Chine.
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NAVIGATION ET MARINE EN CHINE À PARTIR DES SONG
La dynastie Song (960-1278) a souvent été comparée à la Renaissance européenne.
Cette période connaît en effet, grâce à l’imprimerie, apparue sous la dynastie
précédente, une diffusion sans précédent des connaissances. Dans le même temps,
l’on assiste à un foisonnement lui aussi sans précédent de théories et d’inventions
dans différents domaines : politique, mathématiques, astronomie, médecine, sciences
naturelles, archéologie, arts, techniques... Citons à titre d’exemple la publication, en
1010, d’une encyclopédie géographique illustrée en 1566 chapitres (sic), le Zhudao
tujing de Song Zhun, couvrant l’ensemble de l’empire chinois, et d’une précision
jamais atteinte auparavant. C’est également sous les Song qu’est mentionnée pour la
première fois l’utilisation de la boussole marine : « Les pilotes connaissent leur position
; la nuit, en observant les étoiles, et le jour, en regardant le soleil ; par temps
couvert, ils observent l’aiguille montre-sud.
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LES CAMPAGNES OUTRE-MER SOUS LES YUAN ET LES MING
Les plus grandes campagnes maritimes chinoises ont lieu au début de la dynastie
mongole des Yuan, c’est-à-dire dans le dernier quart du XIIIe siècle, et au début de la
dynastie Ming, dans le premier quart du XVe siècle.
Après la conquête difficile du sud de la Chine, les Mongols disposent d’une importante
flotte de mer, de plusieurs milliers de navires. Passé maître de la Chine entière,
Qubilai réclame la soumission des autres pays d’Extrême-Orient, qu’il considère
comme ses vassaux. Ayant obtenu l’alliance de la Corée, il envoie ambassades
et expéditions, peu fructueuses dans l’ensemble, vers le Japon, l’Annam, la Birmanie
et Java. Les deux expéditions les plus impressionnantes ont pour but de soumettre le
Japon par la force, après l’envoi resté sans réponse de plusieurs ambassades. Les
préparatifs d’invasion commencent au début de l’année 1274 : une armée de 15 000
hommes, composée essentiellement de Chinois, de Coréens et de Jürchens, est rassemblée,
ainsi qu’une flotte de neuf cents navires. Cette armada quitte le port de
Masan à l’extrémité sud de la Corée, et débarque deux jours plus tard sur l’île de
Tsushima. En moins de quinze jours, Ikishima et Hizen tombent à leur tour sous la
puissante artillerie des armées mongoles. C’est alors qu’un typhon détruit la plus
grande partie de leurs escadres, contraignant les rescapés à regagner la Chine en catastrophe.
Mais Qubilai ne s’avoue pas vaincu, et après l’envoi de nouvelles ambassades
(trois ambassadeurs seront décapités en guise de réponse), décide, en 1279, la
préparation d’une nouvelle expédition, d’une beaucoup plus grande envergure cette
fois : plusieurs centaines d’ingénieurs canonniers musulmans et chinois sont transférés
à la capitale, pendant que la construction de trois mille navires est ordonnée. À la
fin de l’année, des troupes recrutées dans tout le pays se mettent en route vers la
Corée, et ce sont cette fois-ci cent mille hommes qui embarquent pour le Japon, à la
cinquième lune de l’année 1281. Les Japonais, préparés à cette offensive, opposent
une résistance acharnée. Moins d’un mois plus tard, trois cent quarante-cinq navires
arrivent en renfort de Ningbo (au sud de l’actuelle Shanghai). Les combats durent
encore cinq semaines, jusqu’à l’arrivée d’un nouveau typhon qui engloutit plusieurs
milliers de soldats avec leurs navires. Trente mille hommes échappent néanmoins à
la tempête (que les Japonais baptiseront « kamikaze », c’est à dire le « vent des
dieux »). Ils sont poursuivis et massacrés. Les Japonais font un millier de prisonniers,
qui seront tous exécutés. Il n’y aura pas d’autre tentative d’invasion du Japon.


Chacune de ces expéditions comptait plusieurs dizaines de jonques géantes et plus de 20 000 hommes à bord. Les résultats semblent avoir répondu aux espérances engagées :
1. grand prestige de la Chine 'à l'international' ;
2. commerce par tribut accru avec toutes ces régions ;
3. renforcement des anciens courants de commerce ;
4. émigration chinoise vers le sous-continent asiatique.
. La première expédition ( 1405 - 1407 ) compta 62 vaisseaux et 27 800 officiers et hommes d'équipage. Elle dut intervenir dans une affaire de succession au trône au célèbre royaume javanais de Majapahit, ainsi qu'à Palembang à Sumatra pour régler un conflit entre le pouvoir autochtone et la colonie chinoise locale.
. Dans la deuxième expédition ( 1407 - 1409 ), Zheng He fit dresser des stèles proclamant la vassalité des royaumes de Calicut, Cochin et Ceylan à l'Empire Ming.
. Dans la quatrième expédition ( 1413 - 1415 ), les troupes de Zheng He durent encore intervenir dans des affaires intérieures de Sumatra. De là, une partie de sa flotte gagna directement la côte est de l'Afrique vers la Somalie actuelle, après quelque 6000 km de voyage sans escale. Une mission fut ensuite détachée à la Mecque et en Egypte. A son retour en 1415, elle ramenait des envoyés de plus de trente Etats du sud et du sud-est asiatiques, venus rendre hommage à l'empereur.
. La cinquième expédition ( 1417 - 1420 ) fut la plus longue de toutes et gagna le Golfe Persique, Ormuz et l'Afrique.
. La sixième expédition ( 1421 - 1422 ) ramena chez eux les envoyés étrangers encore stationnés en Chine.
. La septième expédition, sans doute la plus éblouissante, emporta quelques 27 500 marins vers l'Arabie. |
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C’est un siècle et quelques plus tard, de 1405 à 1433 exactement, que de nouvelles
expéditions maritimes d’envergure, les dernières de l’histoire de la Chine, seront
entreprises par les empereurs Ming. Ceux-ci entendent en effet réaffirmer leur
grandeur après un siècle d’occupation mongole, et désirent reprendre le contrôle du
trafic maritime. À la fin du XIVe siècle, cinquante millions d’arbres sont plantés dans
la région de Nankin, en prévision de la construction d’une nouvelle flotte impériale.
Une fois cette flotte prête, l’Empire lance durant un peu moins de trente ans, sous le
commandement de l’amiral Zheng He, sept expéditions de grande envergure. Il nes’agit plus cette fois de simple conquête, mais d’opérations de prestige à caractère à
la fois militaire, diplomatique et commercial. Ces expéditions, dont les principales
escales seront le royaume de Champâ (actuel Viêt-nam), Java, Sumatra, Malacca,
Ceylan, les côtes indiennes, le Siam, Hormuz, Aden, Djeddah et les côtes de l’Afrique
orientale, sont composées de soixante-deux jonques de haute mer géantes de cent
quarante mètres de long, accompagnées de deux cents bateaux de taille moindre.
Elles emportent à chaque voyage près de trente mille soldats, plus les équipages, les
ingénieurs, les interprètes, etc. Cette entreprise sans précédent assurera à la Chine un
prestige immense dans toutes les mers d’Asie orientale et dans l’océan Indien, et
provoquera une expansion considérable du commerce maritime, et en particulier
l’exportation de denrées telles que la porcelaine, les soieries, la quincaillerie de fer et
de cuivre. Mais les expéditions de Zheng He marquent en même temps la fin d’une
époque : confronté à des difficultés de tous ordres – concurrence de plus en plus vive
des pirates dans le trafic maritime, puis des premiers navigateurs occidentaux, incursions
répétées de peuplades nomades dans le nord du pays – l’Empire Ming adopte
dès le milieu du XVe siècle une politique de repli, aussi bien sur mer que sur terre, et
scelle la disparition définitive de la puissance chinoise sur les océans.
Source:reunion.iufm
La flotte comptait environ 30 000 hommes et 70 vaisseaux à son apogée, des vaisseaux qui pouvaient atteindre 130 mètres de long et 55 mètres de large et qui comptaient neuf mâts (à peu près à la même époque, la Santa Maria, la caravelle de Christophe Colomb, faisait 30 mètres de long et 8 mètres de large).
Les Sept Expéditions Ming de l'Amiral Zheng He

Un siècle avant Colomb, la Chine des Ming eut un illustre devancier en l’amiral Zheng He (1371–1435) dont les jonques géantes, cinq fois la taille de la caravelle Santa María, sillonnèrent les océans jusqu’au Moyen-Orient, l’Afrique, voire plus loin…
Un autre résultat positif des voyages de Zheng au Proche-Orient est qu'elles sont probablement à l'origine des deux ambassades de l'Egypte des Mamelouks à Nanjing. La puissance de sa flotte causa parallèlement la quasi disparition des pirates japonais qui infestaient encore les côtes chinoises au début de la dynastie. Maints indices laissent à penser que les Chinois auraient bien pu contourner le Cap de Bonne Espérance, à une centaine de kilomètres seulement au sud de leur dernier lieu de débarquement consigné en Terre africaine. On a retrouvé des tessons de céramiques chinoises à Grand Zimbabwe , ainsi qu'une tombe au Kenya, très différente de l'architecture locale et dont la forme rappelle celle des tombes chinoises.
Ce qui frappe le regard occidental est d'abord le gigantisme de grandes jonques, dont il ne subsiste aujourd'hui que des fragments, cinq fois plus longues que les caravelles de Christophe Colomb à la fin du siècle… Deuxième certitude battue en brèche est la précédence des longs voyages par mer qu'on avait longtemps tenue pour un exploit européen. Marco Polo avait décrit la grande taille des vaisseaux chinois, mais ses concitoyens les tinrent toujours pour exagérées, jusqu'à la découverte en 1962 d'un énorme montant de gouvernail dans un vieux chantier naval Ming près de Nanjing, qui permit d'établir leurs dimensions extraordinaires. Des estimations modestes donnent aux plus grands d'entre eux 140 mètres de longueur au bas mot, ce qui en fait déjà et de loin les plus grands vaisseaux à cette époque…

Source:artslivres
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| L'incroyable découverte d'une tombe royale dans la Vallée des Rois |
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84 ans après la découverte de la tombe de Toutankhamon, une équipe de chercheurs américains vient de mettre au jour une tombe royale dans la Vallée des Rois près de Louxor. Un évènement archéologique exceptionnel sur le site de la célèbre nécropole de l'Egypte pharaonique.
Créé le 11 février 2006
Mis à jour le 11 février 2006
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La sépulture est étroite, seulement 3 mètres carrés, mais la découverte de taille. La tombe mise au jour par une équipe de l'université de Memphis, aux Etats-Unis contient des sarcophages en bois peint et cinq momies non identifiées. Pour Zahi Hawass le grand patron du service des antiquités égyptiennes, il s'agit probablement de "momies royales", remontant à la XVIIIème dynastie, la première du Nouvel Empire (1567 à 1085 avant JC.), l'âge d'or des grands pharaons.
Cette tombe, a-t-il indiqué, était enterrée à une profondeur de 3 mètres, sous un amas de gravats et de rocailles de cette colline calcaire, et seulement à 5 mètres de celle de Toutankhamon. En plus des sarcophages avec les masques funéraires, elle contenait dans son unique pièce, 20 grandes jarres portant des sceaux pharaoniques disposées sans ordre, pouvant laisser penser, selon les archéologues américains, que les inhumations ont été précipitées.
63 caveaux dans la Vallée des Rois
Après avoir échappé aux pillards durant plus de 3.000 ans, la sépulture de Toutankhamon, avec ses sarcophages emboîtés et un extraordinaire trésor, avait été découverte en 1922 par l'archéologue britannique Howard Carter. Mais pour en savoir plus sur la nouvelle tombe, le patron de l'archéologie égyptienne a souligné qu'elle devrait être patiemment nettoyée et restaurée avant d'ouvrir les sarcophages et tenter d'identifier les momies. En attendant, elle n'est connue que comme la tombe "KV63", alors que celle de Toutankhamon, précédemment révélée, est la "KV62". Les archéologues n'ont pas encore pénétré à l'intérieur, n'ayant qu'entrouvert sa porte que la semaine dernière.
Soixante trois caveaux ont donc, avec la nouvelle mise au jour, été découverts dans la Vallée des Rois, visitée chaque année par des centaines de milliers de touristes. Trois dynasties de Rois-Soleils y ont fait creuser leur tombe, mais certains de leurs parents y sont aussi enterrés. Il est vraisemblable, selon les archéologues de l'Université de Memphis, que la nouvelle tombe découverte soit celle de membres de la famille d'un souverain, ou de très hauts dignitaires de la cour.
Vers d'autres surprises?
La première découverte de momies pharaoniques a eu lieu en 1887 dans le village de Gourna, entre la Vallée des Rois et la vallée des Reines sur la même rive de Louxor, à quelque 700 km au sud du Caire. Alors que plus personne ne s'attendait à la découverte de nouvelles tombes dans ces célèbres nécropoles de l'ancienne Thèbes, les archéologues pensent désormais que de nouvelles surprises de taille pourraient intervenir dans les années à venir.
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La Vallée des Rois, dans laquelle a été exhumée en 1922 la sépulture de Toutankhamon, pourrait abriter une nouvelle tombe. C'est la thèse qu'avance l'archéologue britannique Nicholas Reeves dans la revue Archeology.
Le spécialiste s'appuie sur une étude radar menée il y a six ans dans ce site, à Louxor, en Egypte. Les données radar lui auraient permis dès 2000 de repérer cette nouvelle tombe, baptisée KV64 (soit la 64e tombe de la Vallée des Rois ou Kings' Valley en anglais), ainsi que la tombe KV63. Cette dernière a été mise au jour en février 2006 par l'égyptologue américain Otto Schaden, mais ses sept sarcophages ne contenaient aucune momie.
"En raison du puissant intérêt suscité par la KV63, indique Nicholas Reeves, j'ai conclu que la meilleure option était non seulement de révéler l'existence apparente de cette deuxième tombe [la KV64], mais aussi son exacte localisation". Il affirme par ailleurs que "son but n'est pas de revendiquer un prix" mais d'"alerter le monde sur le potentiel immense restant dans la Vallée des Rois, en dépit de deux siècles de graves abus archéologiques".
"Supputation"
"Tout le monde peut raconter ce qu'il veut. M. Reeves s'est déjà livré dans le passé à ce genre de spéculations et cherche à attirer l'attention sur lui", a commenté Zahi Hawass, le patron du Conseil supérieur des antiquités égyptiennes. Il faut dire que les relations entre Nicholas Reeves et les autorités égyptiennes sont tendues : il dirigeait depuis 1998 dans la Vallée des Rois un vaste projet d'études géophysiques, Amarna Royal Tombs Project (ARTP). Son permis a été révoqué en 2002 après une accusation finalement infondée d'implication dans un trafic d'antiquités. Il n'a toutefois pas obtenu du Conseil des antiquités le droit de reprendre son travail.
"Reeves est un spécialiste de la Vallée des Rois et de la période dite Amarnienne", qui s'étend du règne d'Akhénaton à la fin de celui de Toutankhamon, confirme à LCI.fr François Tonic, rédacteur-en-chef de Toutankhamon magazine. "Son annonce ne s'appuie pas sur une découverte, pointe le journaliste, mais sur une supputation établie à partir d'analyses radar. Lesquelles montrent qu'il y a une anomalie dans le sol, assez profondément enfouie, qui pourrait correspondre à une tombe ou une cachette." Mais pas forcément, donc.
"Depuis quelques années, la politique des autorités égyptiennes est de restreindre le nombre de fouilles pour mieux les contrôler", explique encore François Tonic. Par ailleurs, la KV64 potentielle est proche de la célèbre KV62, le tombeau de Toutankhamon : creuser dans cette zone gênerait donc l'accès des touristes au site. "On connaît très mal la Vallée des Rois, convient toutefois le journaliste. Elle abrite en majorité des petits tombeaux et leurs fouilles n'ont jamais été faites entièrement". Ainsi, le chemin qui emmène les visiteurs sur le site est surélevé de 2 à 4 mètres par rapport aux excavations. Or, selon François Tonic, il n'est pas impossible que ce chemin et le site en général recouvrent d'autres tombes : "La preuve, on a bien trouvé un 63e tombeau en février dernier". La Vallée des Rois n'a pas encore révélé tous ses mystères.
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