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| De la matière organique extraterrestre trouvée dans une météorite |

Des chercheurs du centre Johnson de la NASA ont récemment découvert qu'une météorite recelait des traces de matière organique, qui se serait formée aux confins de notre système solaire. Cette étude a été menée sur une météorite récoltée sur les bords du lac Tagish au Canada, qui a la particularité d'avoir été ramassée très peu de temps après avoir pénétré notre atmosphère, et qui a depuis lors été gelée et conservée dans un environnement stérile afin de minimiser la contamination par des composés terrestres. Deux nouveaux instruments du centre spatial Johnson ont été utilisés pour analyser cette météorite : un microscope électronique pour fournir des détails précis des globules observés, et un spectromètre de masse destiné à analyser leur composition isotopique. Cette dernière a révélé que les composés carbonés contenus dans cette météorite possédaient des isotopes de l'hydrogène et de l'azote tout à fait inhabituels et d'origine extraterrestre. Les recherches menées sur ce type de météorite pourraient à terme permettre de comprendre comment la vie a germé sur notre planète.
Source:BE Etats-Unis 59 |
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| La terre primitive |
Des blocs de pierre à la Terre
Dans quelles conditions chimiques, physiques est apparue la vie ?Tout a commencé avec la création du système solaire et de ses planètes. Sur l'échelle des temps géologiques, la naissance de la Terre semble avoir été extrêmement rapide.La naissance du système solaire. Extraits du film Univers, l'inimaginable naissance ! de David Biau. Crédits : CNES, ESA,CESRIl y a 4,55 milliards d'années, dans un nuage de poussières, des grains de sables, de la glace et des molécules de gaz s'agglomèrent, créent des blocs de roches qui s'assemblent pour former des embryons des planètes. Ceux-ci se heurtent puis s'assemblent par un phénomène d'accrétion ; ils forment des planètes dont la Terre primitive.

Crédits : Hervé Martin
La planète se différencie : sous l'effet de la chaleur de l'accrétion, le coeur fond, un noyau liquide se forme, le manteau se réchauffe et perd ses gaz qui forment une atmosphère primitive. La surface de la Terre est probablement une mer de magma.
...et l'eau...
D'où provient l'eau de la Terre primitive ? Elle peut provenir des météorites et des comètes qui se sont écrasées sur Terre pendant quelques centaines de millions d'années suivant sa formation (4,1 à 3,8 milliards d'années). Mais elle peut aussi être issue de l'eau piégée dans les planétésimaux, les "embryons des planètes", et avoir été libérée lors du dégazage qui a donné naissance à l'atmosphère. Pendant longtemps, la température élevée de la Terre maintient l'eau sous forme de vapeur.

Nuage d'hydrogene entourant la comete Hale-Bopp lors de son approche du Soleil au printemps 1997 (observe par l'instrument SWAN de la sonde SOHO).
Crédits : ESA |
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Et l'exobiologie dans tout ça ?
Il y a 4,2 milliards d'années, la plupart des ingrédients nécessaires à l'apparition de la vie existaient dans l'atmosphère ou dans les océans terrestres. L'eau, l'azote, le gaz carbonique, le méthane ont formé de nombreux dérivés sous l'influence des rayons ultraviolets du Soleil ou les éclairs des orages. Ce sont les premiers ingrédients de la chimie qui ont précédé l'apparition de la vie. Ces réactions élémentaires se produisent sur certains corps du système solaire comme Titan par exemple où la sonde Huygens les a étudiées. De même les exobiologistes cherchent à savoir si ces réactions auraient pu exister il y a 4 milliards d'années sur Mars.
La naissance de la vie : de l'inerte
au vivant
Une grande part d'inconnu
Qu'y avait-il juste avant l'apparition de la vie ? De l'eau , l'énergie du Soleil et des éclairs, peut-être des terres volcaniques ressemblant à l'Islande... Et tous les atomes nécessaires à la formation des molécules prébiotiques et de la matière vivante : carbone (C), d'hydrogène (H), d'azote (N) et d'oxygène (O).
Il y a 4 milliards d'années, ces atomes composaient déjà les molécules de l'atmosphère, capables de réagir entre elles pour former de nouveaux composés. Une chimie foisonnante générant les premières macromolécules, puis des systèmes de plus en plus complexes, aboutissant aux molécules élémentaires du monde vivant. Puis, enfin, à des êtres vivants, capables de transmettre l'information d'une génération à l'autre en se répliquant, capables d'évoluer. Ce mécanisme, dont beaucoup d'étapes restent à découvrir, expliquerait le passage de la matière inerte à la matière vivante. Il reste à déterminer où et comment les molécules prébiotiques ont été produites, puis comment elles ont résisté aux conditions environnementales pour parvenir à s'assembler.
Plusieurs scénarii tentent de retracer la manière dont la vie est apparue.
Prélude terrien (1) : la soupe bio
1ère hypothèse : la vie serait apparue dans les océans, c'est la théorie de la "soupe primitive".
Il y a 4 milliards d'années, dioxyde et monoxyde de carbone, méthane, azote, ammoniaque et vapeur d' eau sont présents dans l'atmosphère. L'eau liquide abonde à la surface de la planète.
Le dispositif expérimental d'Urey et Miller consiste à provoquer des décharges électriques puissantes...(cliquez pour lire la suite)
Crédits : NASA
Partant de cette hypothèse, en 1922, le biochimiste russe Oparin imagine que des molécules prébiotiques auraient pu se former dans l'océan primitif à partir du méthane atmosphérique. Cinq ans plus tard, Haldane élabore une théorie similaire à celle d'Oparin, remplaçant le méthane par le dioxyde de carbone.
En 1953, Urey et Miller mettent au point un dispositif expérimental qui conforte cette théorie, à partir d'un mélange de gaz représentatifs de l'atmosphère primitive : ils obtiennent des acides aminés, composants élémentaires des protéines. Cependant des théories plus récentes montrent que l'atmosphère primitive était surtout riche en dioxyde de carbone. Et lorsque ce gaz est substitué au méthane dans l'expérience d'Urey et Miller, il est plus difficile d'obtenir des molécules biologiques.
Prélude terrien (2) : des sources de vie
2ème hypothèse : l'origine de la vie se trouverait uniquement dans les océans.
Fumeurs du bassin de Lau
dans le Pacifique ouest (1989).
Crédits : IFREMER
Dès cette époque, dans les profondeurs sous marines, devaient exister des sources hydrothermales semblables aux "fumeurs noirs" découverts en 1975 : un mélange de gaz et d'eau à haute température qui jaillit sous pression des crevasses sous marines.
Tous les éléments considérés comme indispensables à l'apparition de la vie y sont présents (azote, oxydes de carbone, hydrogène sulfuré, méthane, eau). Sous l'effet d'une baisse de température, ces molécules pourraient se combiner pour former des acides aminés et des sucres. Ces composés sont protégés par la couche d'eau océanique des effets destructeurs des rayonnements ultraviolets.
Inconvénient : les variations importantes de température sur de faibles distances favoriseraient la dégradation des composés organiques. Cependant une équipe de chercheurs a réussi à simuler ces conditions thermiques : en faisant varier la température d'une solution d'acides aminés de 220°C à 0°C, ils ont réussi à obtenir des mini-protéines. La formation de molécules prébiotiques dans cet environnement n'a cependant pas encore été démontrée.
Prélude terrien (3) : l'argile, le lit de la vie
3ème hypothèse : l'argile... Même si les théories de la soupe primitive et des sources hydrothermales expliquent en partie la synthèse des molécules prébiotiques, la formation de macromolécules puis de cellules est plus complexe.
Microstructure des argiles. Organisation des particules
sous forme d'éponge retenant
plus ou moins l'eau.
Crédits :Daniel Tessier/INRA
Pour le chimiste anglais Cairns-Smith, de l'université de Glasgow, l'histoire de la vie aurait ainsi commencé dans l'argile. Formée à température ambiante, par l'action de l'eau sur les roches, l'argile s'organise en feuillets. Les molécules s'y fixent facilement, favorisant ainsi leur concentration et leur assemblage ultérieur en macromolécules telles que des protéines.
SEMAILLES DE L'ESPACE
Dernière hypothèse : les ingrédients de la vie sur la Terre proviennent peut-être! de l'espace.
Des molécules organiques sont synthétisées dans le milieu interplanétaire et interstellaire. Elles auraient pu être apportées sur les planètes par les météorites primitives et peut-être les comètes.
3 échantillons de météorite retrouvés sur Terre. La météorite de Murchison tombée en Australie en 1969 contient 8 des 20 acides aminés qui entrent dans la composition des protéines.
Crédits :ESA / AOES Medialab
La Terre a reçu une énorme quantité de matière d'origine extraterrestre (100 milliards de tonnes) entre -4,1 milliards d'années et - 3,9 milliards d'années. Plusieurs météorites renferment des quantités importantes de molécules organiques dont beaucoup se retrouvent dans les organismes vivants.
L'essentiel des molécules prébiotiques aurait ainsi pu arriver sur Terre par ce biais...
Sable glaciaire et micrométéorites, collectés dans la glace bleue à Cap Prudhomme, Terre Adélie, Antarctique. Crédits : CNRS Photothèque, Michel Maurette
Actuellement aucune théorie n'est suffisante pour expliquer, à partir des expériences et des observations qu'elle génère, l'origine des molécules prébiotiques. Il n'est pas impossible que chacune des modalités décrites par ces 4 théories ait contribué à la formation de ces molécules élémentaires
Et l'exobiologie dans tout ça ?
Malgré la présence en abondance de molécules organiques dans le milieu interplanétaire et interstellaire, la Terre reste le seul endroit dans l'Univers où, à ce jour, la vie a été identifiée.
L'écorce terrestre est complètement recyclée en quelques centaines de millions d'années : c'est ce que les géologues appelle la tectonique. Il n'est donc pas possible de retrouver les traces de processus chimiques qui ont conduit de la matière inerte à la matière vivante sur Terre.
Le robot Exomars aura pour mission de caracteriser l'environnement biologique de Mars en vue d'autres missions d'explorations.
Crédits :ESA / AOES MedialabMais ces réactions chimiques pourraient - ou auraient pu - se dérouler sur d'autres corps du système solaire : Titan, Encelade ou Europe en garderaient encore la trace.Il n'est pas impossible que cette évolution chimique ait pu se produire sur Mars . Par le passé, les missions Viking ont cherché les traces directes d'une activité biologique sur la planète rouge, en vain. De nouvelles missions, comme le " Mars Science Laboratory " de la NASA ou Exomars de l'ESA, poursuivront, entre autres, la recherche de traces de molécules biologiques.
Source:cite-sciences
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| La vie ? |
A vivre, la matière s'est mise...
L'exobiologie a pour objectif ultime la quête de la vie dans l'Univers. L'idée d'une vie au-delà de la Terre est ancrée dans l'imaginaire humain depuis l'Antiquité. Epicure écrivait déjà à Hérodote : "Les mondes sont en nombre infini... On ne saurait démontrer que dans tel monde des germes tels que d'eux se forment les animaux, les plantes et tout le reste de ce qu'on voit, pourraient n'être pas contenus". Dans les années 50, les progrès spectaculaires de la biologie moléculaire permettaient de mettre en évidence l'extraordinaire complexité de la vie. Se développa alors l'idée qu'une telle complexité ne pouvait être, à l'origine, que le résultat d'un concours de circonstances tout à fait exceptionnel. L'idée d'un acte isolé fondateur de la vie a été largement diffusée par Jacques Monod dans Le hasard et la nécessité.
Ce point de vue, qui préconise que le système originel est déjà trop complexe pour qu'il puisse se reproduire, n'est pas celui des exobiologistes. Ces derniers prônent la simplicité, donc le caractère répétitif de l'origine de la vie. D'où leur quête d'un 2ème exemple de vie sur un autre corps céleste, en prenant essentiellement la vie terrestre comme référence.
Extraits du film Les astrobiologistes de Jérôme Scemla, diffusé dans l'émission CosmicConnexion |
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Qu'est-ce que la vie ?
La vie terrestre est apparue il y a environ 4 milliards d'années dans l'eau des océans. Selon Empédocle, des têtes sans jambes, des jambes sans têtes, des bras, des torses, se promenaient autrefois à la surface de la Terre. Un jour, par hasard, tous les éléments nécessaires à la constitution d'un individu complet se rencontrèrent et ainsi s'auto-organisa le premier homme.
En transposant l'image d'Empédocle au niveau des molécules, l'émergence de la vie sur Terre peut être comparée à l'élaboration spontanée d'un échafaudage de molécules capable d'en saisir d'autres pour générer un deuxième échafaudage à son image, produisant ainsi plus de lui-même par lui-même. C'est l'auto-reproduction. Par suite de légères erreurs de montage, des échafaudages plus aptes à se reproduire apparurent et devinrent les espèces dominantes. C'est l'évolution. Auto-reproduction et évolution sont donc les 2 qualités qui caractérisent, a minima, le passage de la matière à la vie.
Une apparition soudaine ?
Pendant des millénaires, la vie ne recelait aucun mystère pour l'homme. Elle pouvait apparaître soudainement et de manière répétée sur Terre. La matière inerte pouvait engendrer la matière vivante. Les philosophes grecs ont été les premiers à aborder cette question par une démarche scientifique. A partir d'observations et de raisonnements logiques, ils en déduisaient que la vie était une propriété inhérente de la matière. Les pucerons observés sur des feuilles de bambous émanaient donc des arbres, de même pour les agneaux sortant des calebasses... Ainsi se construisit la théorie de la génération spontanée dont Aristote (384 av J.-C - 322 av J.-C) fut l'un des défenseurs les plus convaincus.Il y a un peu plus d'un siècle, Louis Pasteur remit en cause cette théorie, en démontrant que l'air contient des micro-organismes susceptibles de tout contaminer, et que des substances stériles peuvent le rester indéfiniment si elles sont maintenues hors du contact avec l'air. Les micro-organismes ne sont pas engendrés spontanément par l'inanimé. Mais la question de l'émergence de la vie à partir du monde chimique reste ouverte

Une ORIGINE PLUS LOINTAINE ?
Parallèlement aux travaux de Pasteur, Richter émet l'hypothèse que la vie est dispersée dans tout l'Univers : des micro-organismes au sein de corps célestes seraient capables d'atteindre la Terre et de s'y développer. Au début du XXème siècle, Arrhénius enrichit cette théorie, dite de la panspermie. Si elle explique partiellement l'origine de la vie sur Terre, elle ne fait en revanche que déplacer le problème dans l'espace et le temps. Quelle est l'origine de ces micro-organismes et comment ont-ils survécu au voyage ?
En 2006, cette théorie est délaissée par les scientifiques. Ils cherchent dans les origines de la Terre et du système solaire les conditions qui ont assuré le passage de réactions chimiques successives à un ensemble de réactifs et de réactions cycliques qui assurent les fonctions caractéristiques de la vie : la capacité à se multiplier en transférant leur information et à évoluer.
Une vie ailleurs ?
L'étude de la vie terrestre et la recherche de son origine mènent inéluctablement à se poser la question de la vie ailleurs dans l'Univers. Une vie extraterrestre pourrait-elle être similaire à la nôtre ?
Ne voyons pas là le reflet d'une interrogation contemporaine. Déjà, au Ier siècle avant J-C, Lucrèce écrivait : "Si la même force, la même nature subsistent pour pouvoir rassembler en tous lieux ces éléments dans le même ordre qu'ils ont été rassemblés sur notre monde, [...] il y a dans d'autres régions de l'espace d'autres terres que la nôtre et des races d'hommes différentes et d'autres espèces sauvages."
Plus de 20 siècles plus tard, la question de la vie extraterrestre passionne toujours, mais notre réflexion a évolué. Avec le développement des moyens techniques, l'humanité est passée d'une interrogation philosophique à une démarche scientifique.
De l'étude de la vie sur Terre à la recherche d'éventuelles formes de vie dans l'Univers : ce cheminement est celui de l'exobiologie.
Un VISAGE HUMAIN
L'exobiologie étudie aussi bien les possibilités de vie extraterrestre que l'apparition et l'évolution de la vie terrestre, car comprendre les processus qui se sont déroulés sur Terre est un préalable indispensable à la quête d'une vie extraterrestre.
Mais toute la difficulté réside justement dans notre faculté à " oublier " notre Terre, voire à " oublier " l'homme dans le cadre d'une recherche de vie intelligente. Il s'agit de se détacher d'une vision des extraterrestres calquée sur la vie humaine, à l'image des petits hommes verts. Les organismes et créatures que recherchent les exobiologistes pourraient être totalement différents de ce que nous apprend la vie terrestre. Malgré tout, les lois de la physique et de la chimie sont constantes dans l'Univers. Si les scientifiques s'attendent à quelques surprises, ils ne pensent pas remettre en cause les lois fondamentales.
Source:cite-sciences
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| Les indices de la vie |
Identifier les indices
Chercher la vie en dehors de la Terre ? C'est une entreprise difficile. La notion même de vie est difficile à définir. La Terre, seul exemple connu est donc pris comme modèle. Les exobiologistes tentent de définir au mieux le vivant et de traduire cette notion en termes quantifiables et mesurables. Ainsi la communauté scientifique essaie de déterminer un ensemble d'indices du développement d'une vie présente ou passée.
Et si la vie faisait un signe ?
La vie telle que nous la connaissons sur Terre aujourd'hui nous semble facile à détecter.
La Terre observée par l'instrument français Végétation.
Crédits : CNES
Les plantes, grâce à la photosynthèse, ont transformé le gaz carbonique en matière organique et en oxygène. Celle-ci sous l'influence des ultraviolets se transforme en ozone dans la haute atmosphère.
L'eau est présente et se retrouve sous forme de vapeur dans l'atmosphère. Une grande partie du gaz carbonique se dissout dans l'eau et se transforme en carbonates, résultats de la réaction du carbone avec un sel, qui donnent des roches visibles et détectables.
Détectés par spectrométrie ou bien par analyse chimique sur place ou en laboratoire, ces combinaisons de molécules, ces éléments géologiques sont des indices de la vie.
Sur Terre, l'activité biologique moderne a profondément modifié l'atmosphère primitive et la géologie terrestre. Mais en sera-t-il de même ailleurs dans le système solaire ? Les modifications induites par une vie moins florissante seront-elles détectables ?
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Les molécules à la lumière du spectromètre
Les exobiologistes, recherchent les traces de vie à des échelles différentes, cherchant des planètes dans les étoiles de notre galaxie, observant les corps célestes à partir de la Terre ou de vaisseaux en orbite.
Pour détecter certaines des molécules qui l'intéressent, les exobiologistes utilisent principalement un instrument appelé spectromètre : il décompose la lumière transmise par un objet quand elle le traverse ou qu'elle est réfléchie à sa surface. L'instrument est capable de mesurer pour chaque longueur d'onde la quantité de lumière reçue et établit ainsi le spectre lumineux d'absorption de l'objet, caractéristique de sa composition chimique.
Les spectres réalisés sur les atmosphères de Mercure, Vénus Mars et la Terre. Ce type de spectre correspond aux résultats qui seraient attendus dans le cadre des recherches de planètes extrasolaires.
Crédits : ESA / Illustration de Medialab.
De ce spectre, il est donc possible de déterminer la composition gazeuse d'une atmosphère. Il est ainsi possible de détecter simultanément des composés différents : la vapeur d'eau, l'oxygène, le méthane... La plupart des sondes spatiales, destinée à étudier des planètes comme Mars, Titan, Europe, embarquent de tels instruments.
Des laboratoires sur place
D'autres techniques ont été utilisées pour rechercher la présence de molécules organiques ou d'organismes vivants. Lorsqu'une sonde atterrit sur une planète, la chromatographie consiste à séparer les différentes molécules organiques d'un échantillon, en fonction par exemple de différents paramètres comme leur forme ou leur masse. Les produits obtenus sont ensuite identifiés en utilisant d'autres appareils.
Le robot des missions Viking, en 1976, utilisait encore une autre technique pour détecter l'activité des microorganismes se trouvant éventuellement dans le sol de Mars : il prélevait un échantillon du sol et le déposait à l'intérieur d'un récipient contenant des substances nutritives. Objectif : déceler, après quelques jours, les gaz (dioxyde de carbone, méthane, azote) émis par d'éventuels êtres vivants qui auraient utilisé ces produits nutritifs. Les expériences ont donné des résultats négatifs.
Dans les prochaines années, le laboratoire Pasteur à bord de la mission ExoMars embarquera un ensemble d'instruments qui tentera de détecter non pas des organismes mais des composés organiques du sol, les acides aminés, les sucres et d'autres composés caractéristiques de la vie.
Méfiez-vous des imitations !
Pour identifier la vie à distance, les chercheurs essayent de caractériser les traces qui peuvent en exister dans l'atmosphère, la géologie ou les océans éventuels. Cette recherche d'indice est bien sur fortement influencée par la connaissance que nous avons de la vie sur Terre. Si la vie existe ailleurs, il n'est pas possible de préjuger de ses formes ni de son fonctionnement. Tout peut être imaginé, mais actuellement, toutes les recherches sont orientées vers une vie qui ressemblerait peu ou prou à celle que nous connaissons.
Chaque indice défini par les scientifiques, pris séparément n'est pas suffisant pour attester de la présence d'une activité biologique. Certains composés assez complexes peuvent être produits par synthèse chimique sans que des organismes vivants soient en jeu d'où des sources de confusion. Il en est de même avec des objets souvent microscopiques qui ressemblent à des microorganismes.
Les chercheurs de la NASA les ont assimilées à des microfossiles d'organismes telles que des bactéries...
Crédits : NASA Jet Propulsion Laboratory
Le méthane par exemple peut être produit par des bactéries ou des animaux, il est facilement détecté dans l'atmosphère terrestre. Mais est aussi produit par des phénomènes géologiques, c'est pourquoi il est très abondant par exemple dans l'atmosphère de Titan. Des traces très faibles de méthane ont été trouvées dans l'atmosphère ténue de Mars, mais leur origine n'a pas encore été identifiée.
La vie ne nous sautera pas aux yeux...
Bien sur il existe des signes tout a fait caractéristiques, d'énormes molécules comme l'ADN, des objets macroscopiques qui ne peuvent pas être d'origine naturelle, des objets capables de se mouvoir etc.
La possibilité de trouver ces indices dans le systèmes solaire semble très improbable compte tenu de ce que nous en connaissons aujourd'hui. Quant à les reconnaître sur des corps célestes extrasolaires... Nos yeux ne sont pas assez perçants et le voyage risque d'être trop long !
La découverte de ce type d'objet quelque part dans l'Univers ne ferait aucun doute : son origine ne peut pas être naturelle. On pourrait donc en déduire qu'il y a de la vie sur cette planète. Mais l'exobiologiste ne s'attend pas à trouver des indices aussi univoques. Il s'attend à trouver des indices plus discrets, qui ne pourront s'interpréter que dans un contexte global.
Il semble donc bien difficile d'établir un seul critère qui pourrait avoir valeur de signature de la vie. Les données recueillies, les composés chimiques identifiés, les objets vus et analysés ne prendront toute leur signification que lorsque leur présence sera interprétée dans son environnement, dans son contexte.
Source:cite-sciences
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| Les organismes vivants primitifs |
De la macromolécule au microorganisme
A quoi ressemblaient les premiers organismes vivants ? Les premières système solaire et de ses cellules étaient elles semblables à certaines bactéries contemporaines ? Ces dernières sont déjà très complexes, mais la vie était peut-être bien plus simple. Certaines macromolécules par exemple, comme les ARN, sont capables de diriger la synthèse de leur propre double.
Le Chert (dépôt de silice hydrothermale) de Hooggenoeg, daté à 3,445 milliards d'années, provient de la ceinture...
Crédits : Hervé Martin
L'espoir de retrouver des systèmes vivants primitifs fossilisés ou des traces de leur activité vieille de plus de 4 milliards d'années est extrêmement faible. En effet, 4 facteurs ont contribué à les effacer : l'histoire tectonique mouvementée de la Terre, l'érosion, les effets destructeurs du rayonnement ultraviolet du Soleil et la vie elle-même ! Elle a produit depuis 2,5 milliards d'années les énormes quantités d'oxygène qui nous font vivre mais qui sont un véritable poison pour de nombreuses molécules organiques et microorganismes.
Avec les rares observations possibles sur Terre, l'étude des phénomènes semblables se produisant sur d'autres corps et les expérimentations de laboratoire sont les seuls moyens disponibles pour découvrir ces systèmes primitifs.
Une cellule primitive ?
Stromatolithes de North Pole dans la région de Pilbara en Australie. Datés à 3,49 milliards d'années, ces structures constituent...
Crédits : Hervé Martin
Vieux de 3,2 à 3,5 milliards d'années, les sédiments de Barberton en Afrique du Sud et du Pilbara en Australie contiennent des traces de formes ovoïdes, sphériques et filamenteuses, d'abord attribuées à des fossiles de bactéries ancestrales, les plus anciens jamais observés.
Certains chercheurs suggèrent même qu'elles pourraient s'identifier à des cyanobactéries : ces organismes, comme toutes les plantes, produisent leur substance nutritive à partir de l'énergie solaire. Ce processus est connu sous le nom de photosynthèse et libère du dioxygène (O2) dans l'atmosphère .
Formation ferrifère rubanée, âgée d'environ 3,4 milliards d'années et provenant de Gopping Gap dans...
Crédits : Hervé Martin
Or aucune trace chimique de la présence de cette molécule n'a été détectée dans les sédiments de plus 2,7 milliards d'années, l'hypothèse des cyanobactéries n'a donc pu être démontrée. De plus, ces structures contiennent trop peu de carbone pour déterminer avec certitude qu'elles proviennent d'organismes vivants.
Parallèlement à ces travaux, les chimistes tentent de produire une vie primitive de manière expérimentale : reconstitution artificielle des conditions environnementales de la Terre primitive, formation en laboratoire de certaines macromolécules indispensables à la vie d'une cellule! Mais la synthèse des molécules les plus complexes, comme l'ARN et l'ADN par exemple, reste très problématique. |
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Des traces chimiques
Les couches sédimentaires d'Isua (3850 millions d'années) au Groenland. Ces roches sont les plus anciens sédiments connus du système solaire.
Crédit: Francis Albarede
Si les organismes fossiles très anciens sont difficiles à trouver, il reste une autre alternative. Les organismes vivants, regroupés en colonies comme les bactéries, influent sur leur environnement. Certaines roches par exemple pourraient garder l'empreinte de ces modifications. Il serait ainsi possible de retrouver les traces de ces véritables "fossiles chimiques".
Les sédiments d'Ishua (Groenland), vieux de 3,75 milliards d'années détiendraient la preuve d'une vie ancestrale : leur composition en carbone trahirait l'existence, par le passé, d'une synthèse biologique. Mais aucune structure ressemblant à des microorganismes n'a été trouvée dans ces sédiments.
Et l'exobiologie dans tout ça...
Bras collecteur d'échantillons sur l'atterrisseur Viking-2
Crédits : NASA/JPL
La recherche de trace de vie sur une autre planète est une tâche difficile. En 2006, seules 2 tentatives ont été faites et visaient la planète Mars. Les sondes Viking (1976) ont essayé en vain de détecter des traces d'activité microbienne à la surface de Mars (digestion, respiration, photosynthèse).
Mais les expériences destinées à la recherche de molécules organiques complexes n'ont rien détecté.
Plus récemment, la sonde Beagle 2, passager de la mission Mars Express en 2003, a bien été largué mais n'a plus donné aucun signal après son entrée dans l'atmosphère martienne.
En 1997, la découverte de formes minérales sur une météorite provenant de Mars et retrouvée en Antarctique a suscité des débats passionnés quant à la possibilité d'une vie sur cette planète.
La découverte de ce type d'objet quelque part dans l'Univers ne ferait aucun doute : son origine ne peut pas être naturelle. On pourrait donc en déduire qu'il y a de la vie sur cette planète. Mais l'exobiologiste...
Source:cite-sciences
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| Les scientifiques recherchent la vie et imaginent des créatures extraterrestres |
Nous savons aujourd'hui que des bactéries pourraient vivre ou hiberner sur des mondes lointains comportant peu d'eau ou d'oxygène. Grâce à des technologies de plus en plus fines on pourra découvrir d'éventuelles signatures de vie sur d'autres planètes. Comme le dit Michel Viso, "l'exobiologie n'exclut aucune hypothèse". Avec Francis Rocard, ils nous décrivent les missions d'exploration les plus prometteuses...
Alors que le paléoanthropologue Yves Coppens, nous dit en quoi l'histoire de l'évolution pourrait nous aider à comprendre une vie extraterrestre. A voir aussi les contenus de l'exposition, avec ces créatures d'aspect extraterrestre, vivants sur Terre à des pressions phénoménales.

Source:cite-sciences
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