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0. NOUVEAUX POEMES
1. sommaire.
1. Trois petits pays (extrait d' "à la découverte de la Normandie").
2. La mer de Seine (
extrait d' "à la découverte de la Normandie")
3. Chemins d'automne (
extrait d' "à la découverte de la Normandie")
4. Anciens combattants (extrait de "De vies à mort")
5. Sous terre (extrait de "De vies à mort")
6.
Le repas du dimanche midi (extrait du jardin de Pavilly)
2. Trois petits pays

Trois petits pays.

 

Mon premier, j’y naquis,

Mon second m’a conquit,

Mon troisième ébahit,

Mon tout, c’est trois pays.

Oui, trois petits pays

Peuplant la Normandie.

 

C’est du pays de Caux

Que j’entendis l’écho

De mes tout premiers cris.

Si le ciel était gris

Mon cœur était léger

Assez pour voyager.

 

C’est au pays de Bray

Qu’un saut de case en craie

Me permit d’atterrir.

Je me mis à courir

A travers tous ces champs

Et leurs taureaux méchants.

 

C’est en pays d’Auge,

Les pieds qui pataugent,

Que je vis, sidéré,

L’endroit où me terrer :

Une belle chaumière

Dans une clairière.

 

Ces trois petits pays

Peuplant la Normandie

Vous comble de bonheur.

La joie, la bonne humeur

Gagnent par contagion

Le cœur de la région.

 

Voici leurs visages

Aux changeants paysages :

Géant plateau crayeux,

Bocages argileux,

Prairies, fleuve, marées,

Falaises et marais.

 

Leurs verts pâturages

Sont cieux sans nuages,

Leurs doux jus de pomme

Font grandir les hommes

Et tous leurs fromages

Plairaient aux rois mages.

 

Pays des merveilles.

Ouvrons nos oreilles ;

Soyons à l’écoute.

Car, au goutte-à-goutte,

La nature y chante

Ton hymne touchante.

3. La mer de Seine

La mer de Seine.

 

D’avoir trop observé le littoral marin,

Jonché de falaises en Haute-Normandie,

Il survient que, mes rêves, un par un,

Fassent de la Seine une mer qui resplendit.

 

Dans le pays de Caux et encore en amont,

D’une part et d’autre du fleuve grandiose,

Des murailles de craie forment comme des monts

Figurant des côtes pour celui qui l’ose.

 

J’admire ses phares basés à Quillebeuf,

Tancarville-le-haut et aussi Laroque…

Ses voies sont couvertes de ports : Rouen, Elbeuf

Ou Caudebec-en-Caux l’océan m’évoquent.

 

Quand au petit matin, mu par un pilote,

Se dessine un bateau, derrière le brouillard,

Dans mes divagations, j’attends une flotte

De Drakkars des Vikings dont la guerre fut l’art.

 

Puis, de l’Estuaire vers la baie de Seine,

Mon imaginaire devient réalité.

La rade du Havre et sa mise en scène

Transforment l’univers fluvial en quantité.

 

A son embouchure, le cours d’eau est salé,

Il vient et s’en va, au gré de ses humeurs,

Laissant, dans son estran, des plages dévoilées

Aux oiseaux affamés, mués en écumeurs.

4. Chemins d'Automne.

Chemins d’automne.

 

Etant habitant de mon petit village,

J’aimais les récitations (j’en avais l’âge).

Leurs vers ressemblaient à des paroles qu’on boit

Et souvent m’attiraient de l’école aux bois.

 

Avec ma famille on y suivait les chemins

Qui vont vers le bonheur, sans penser à demain.

A l’automne, ils étaient boueux et inondés,

Alors on prenait nos k-ways en cas d’ondées.

 

A nos pieds, nos bottes de pluie en plastique

S’enfonçaient au fond de la forêt mystique.

C’était si bon de s’y perdre, mais pour de faux,

Aidés par les voix qui guident quand il le faut.

 

Sur les sols humides, auprès des fougères,

Nous cherchions des champignons qui se digèrent.

D’autres fois, nous allions cueillir des châtaignes.

Ma sœur ou moi revenions le doigt qui saigne.

 

On croisait des traces fraîches de sangliers.

Entrevoir des biches nous était familier.

Si le garde-chasse était là, quel grabuge !

Notre chien aboyait devant son refuge.

 

De retour, un bon feu nous réchauffait le cœur.

Rien, pas même le vent dehors, ne nous faisait peur.

On dégustait une omelette aux girolles

Plus fameuse qu’un slogan de banderoles.

5. Anciens combattants

Anciens combattants.

 

(Dédié à titre posthume  à Lazare Ponticelli, le dernier « poilu »).

 

Vous qui les avez vécues toutes ces horreurs,

Que choisir d’être : le tué ou le tireur ?

Vous en avez connu du sang qui se déverse

De ces morts corps tombés comme des averses.

 

Vous la victime de l’atroce humaine erreur,

Tous vos camarades partis en éclaireurs,

Vous ne les côtoierez plus de votre vivant.

Puis, plus rien ne sera désormais comme avant.

 

Quand bien même indemne et sauvegardé sort le corps,

Le cerveau revit les scènes aux sals décors.

Des larmes coulent rien qu’à prononcer les maux.

 

Ceux qui en revinrent – mais revient-on vraiment ? –

En gardèrent un arrière-goût de désagrément.

Ils nous récitèrent de méprisables mots.

6. Sous Terre.

Sous terre.

 

Je creuserai des galeries à l’intérieur,

Tel un archéologue qui y pénètre,

Pour descendre dans les étages antérieurs

Et voyager vers le temps de nos ancêtres.

 

Je découvrirai des objets et des livres

Tellement anciens qu’ils seront tout poussiéreux.

Ils parleront, tels des langues qu’on délivre,

Des générations de mes parents généreux.

 

Silencieux, j’irai m’y terrer et me taire.

Etre taciturne, c’est mon caractère…

Joyeux, j’y songerai à mes descendants.

 

Ah ! Cette terre, mon repère physique,

Je l’oublierai, comme nous tous, amnésique.

Puis, promis, j’y retournerai en décédant.

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