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| 1. Sommaire de la rubrique |
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- La recette du bonheur
- Souvenirs de ma petite enfance.
- Les jeux d'extérieurs.
- Brève description du jardin.
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| 2. Le jardin de Pavilly : La recette du bonheur |
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La recette du bonheur.
Cette recette, c'est toi, Simone, ma grand mère, qui me l'a lue maintes et maintes fois dans ta cuisine. Alors depuis, je l'ai gardée là, au fond de mon coeur. Je la récite souvent à tue-tête comme le ferait un écolier de la dernière comptine qu'il a apprise.
Vous autres, il vous faudrait la voir pour y croire, à cette recette. Car elle n'est écrite nulle-part , hormis en filigrane dans ma mémoire. Il faut donc que je vous la conte.
Avant que n'advienne l'heure fatidique du goûter, on s'installait tous les deux à la grande table de la cuisine, avec la petite fiche de la recette du jour; la photo du dessert au recto, et au verso, toutes les consignes à lire soigneusement - mais pas forcément à suivre à chaque fois! -
Puis, il fallait réunir tous les ingrédients: j'allais les chercher au fond du profond placard mal éclairé ou bien tout là-haut sur le frigo en montant maladroitement sur une chaise.
Il fallait rassembler les ustensiles aussi. Ils se cachaient dans les tiroirs, sous l'évier ou dans le buffet. J'allait les prendre, mes préférés surtout: la balance, avec ses petits poids en plomb (comme des petits soldats) et ses plateaux de cuivre ou de laiton. Et aussi le gobelet avec les graduations où l'on mesurait les quantités de farine, de sucre, de riz... Mais il y en avait plein d'autres : le chinois, le mixeur, les bols, les plats, la planche à découper et le rouleau à pâtisserie (ce dernier était souvent remplacé par une bouteille de verre, d'ailleurs).
Tout ça, tu m'envoyais le chercher. Puis, tu me faisais découvrir la pesée, la mesure et le calcul mental. Tu avais toujours des astuces, des combines et des drôles de produits. Ces produits, dans leurs étuis, dans mon esprit, ils devaient avoir été vendus sous le manteau tellement ils étaient curieux. On les retrouvait dans des endroits improbables et au dernier moment.
Une fois que tout était réuni sur la table, avec ta pédagogie d'institutrice à la retraite, ton amour de grand mère et tes talents de cuisinière, tu me guidais pour que je participe à ta recette du bonheur, tout en lenteur, bien appliqué, étape par étape.
Puis, à la fin, on ouvrait le four et l'on mettait en route la minuterie, pour que, doucement, la cuisson fasse son oeuvre en nous laissant du temps.
Le temps d'aller au jardin s'amuser et découvrir la nature; ou bien, dans le salon faire un jeu. Tu t'y mettais toujours de bon coeur, pouvu qu'il soit un tant soit peu éducatif. Alors que tu me regardais grandir avec admiration et me souriait si souvent, j'oubliais complétement notre petite recette.
Me rappellant à l'ordre, soudain, la sonnerie du four retentissait. Elle donnait ainsi un signal aussi plaisant pour moi qu'à l'école le bruit de la cloche pour aller en récréation.
Tandis que je n'avait pas encore bougé, je sortais de mes rêveries en entendant tes cris provenant de la cuisine. Si tu faisais souvent comme si tout était raté, je savais, moi, qu'on avait réussi. Car, j'en sentais l'odeur, souvent matinée de vanille, et, déjà mes papilles en pressentaient le goût: le bonheur était là, à rôder tout près de nous.
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| 3. Souvenirs de ma petite enfance. |
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Le jardin de Pavilly : souvenirs de ma petite enfance.
A Pavilly, petite ville de Normandie, se trouve le jardin de mes grands parents paternels (derrière leur maison).
Ce jardin, je l’adore car j’y ai vécu depuis tout petit déjà. Il est là depuis le départ, il a toujours existé pour moi en fin de compte !
Alors ce jardin, il a été pour mon enfance l’équivalent du jardin d’Eden, ce lieu paradisiaque et originel où aurait vécu un couple d’humains primitifs évoqué par le mythe d’Adam et Eve.
Ainsi, c’est dans cet endroit que j’ai découvert pour la première fois la nature. C’est là que je suis « venu au monde » en somme.
Pour preuve, dès l’âge d’avant mes premiers pas, je me revoie m’y éveiller et m’y débattre sur une couverture que mes parents avaient eu la bonne idée d’installer au beau milieu de l’herbe parsemée de pâquerettes.
Ou encore, c’était dans une baignoire ou une bassine emplie qu’on m’avait placé à l’air libre du dehors. Et, souriant tout nu, je m’agitais, je tapotais l’eau et exerçait ma voix. Les adultes autour de mon bain ne manquaient pas d’être arrosés au passage, j’imagine.
Eh oui, j’imagine… Je dois bien l’admettre, je n’ai que très peu de souvenirs de cette belle époque de la vie qu’on surnomme la petite enfance. Du coup, pour sous-titrer mon histoire, je me raccroche à la logique, au bon sens. Je me dis par exemple avec philosophie que les moments où j’étais laissé en liberté et dévêtu dans le jardin devaient être précieux, car en Normandie le beau temps est plutôt rare malheureusement, c’est bien connu.
Et puis, je me plonge dans les photos des albums de famille, toujours émouvantes ces photos… La plupart est en noir est blanc ou plutôt sépia pour être précis. D’autres datent du début de la photo couleur.
L’une d’entre elles a formé une image idyllique de mon enfance, la scène avait été immortalisée par un photographe professionnel. Elle a été tirée en agrandissement et exposée dans la cuisine de mes grands parents. Nous sommes assis, ma sœur aînée et moi, sur le rebord de la terrasse. Ma sœur a des cheveux mi-longs tout bouclés et une robe bleu à petites fleurs blanches et j’ai les cheveux touffus et blonds comme les blés (alors qu’aujourd’hui je suis totalement brun !). A nos côtés, il y a le chat de la maison, que ma sœur tient affectueusement dans ses bras et sur ses genoux. En arrière fond bien sur, on retrouve le jardin fleuri.
Cette photo m’aide à comprendre combien j’étais heureux, combien mon entourage était chaleureux. Ce jardin, ce petit monde, c’est en compagnie de ma sœur Céline, de deux ans mon aimée que je l’ai découvert. Sa présence a du être tellement rassurante pour moi, même quand mes parents n’étaient pas là.
Et puis, avec la nature, j’ai découvert les animaux ; le chat qui suscitait mon admiration, mais pour lequel je devais avoir une sorte d’appréhension et qui lui aussi savait garder ses distances. La photo dont je vous ai parlé le confirme, ma sœur mieux que moi avait osé l’apprivoiser.
Mais il y avait aussi tous les petits oiseaux et leurs cris mélodieux et stridents. Ces oiseaux qui, picorant les fruits dans les branches du cerisier ou dans les groseilliers, engendraient la convoitise du chat qui les dévorait des yeux et s’affolait à les entendre donner leur signal.
Même notre propre chienne, Loukie est venue y faire un tour au jardin. En effet, une fois, elle a parcouru les cinq kilomètres de route depuis notre maison pour rallier celle de mes grands parents, à la surprise générale de la famille.
Enfin, pour compléter le tableau des bêtes peuplant le jardin, je me dois de mentionner les coccinelles, les araignées, les vers de terre, les libellules, les moustiques, les abeilles et les milles et un insectes qui firent mon étonnement et mon émerveillement.
Mais déjà, à cette période là, je me redressais, grimaçait, et tout en poussant de petits cris entamait de curieuses petites foulées, loupant de me renverser à chaque instant. Ces premiers pas de course ayant pour but d’échapper à ces étranges bêtes monstrueuses et à venir me réfugier la tête la première au contact rassurant de mes parents ou de mes grand parents amusés de mes déboires.
Dans cet endroit magique à mes yeux, j’ai encore découvert la météo qui aux différentes saisons fait varier le décor naturel. Je nous revois ma sœur et moi vêtus de bonnets, de gants et de manteaux, avançant dans le froid en toute insouciance. Eblouis et surpris par la blancheur du jardin sous la neige, nous vivions là de purs instants de découverte et de bonheur comme on en ressent peu dans une vie.
Et tout ça, au final, je le dois au jardin de mes grand parents. Voilà pourquoi je l’aime tellement. |
| 4. Le jardin de Pavilly : les jeux d'extérieurs |
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Le jardin de Pavilly : les jeux à l’extérieur.
Dans le jardin de mes grands parents où courent en chantant à tue-tête les milles et un moments de mon enfance, ma mémoire s’essouffle à rattraper des tas de jeux que nous avions, dont parmi eux, mon petit préféré : le ballon, qui roule toujours, dans mon esprit, sur la pente de la vie.
Au premier de nos loisirs communs, l’honneur d’ouvrir le bal. Dans le gazon, une magnifique balançoire avait été implantée. C’était un portique métallique peint en vert et rouge, un peu mangé par la rouille par endroits. A l’intérieur, un siège classique fixé par des cordes (ou des chaînes ?). Et à côté, un « bateau » à deux sièges, disposés l’un en face de l’autre, en plastique jaune vif et fixés entre eux par des poteaux métalliques, au centre d’autres de ces poteaux servaient de mat.
Nous y avons passé dessus des heures et des heures avec ma sœur, mon cousin et ma cousine, voir aussi la voisine. Quelle joie de se sentir chaviré par le doux tangage de la balançoire ! Un mouvement dont nous pouvions moduler l’ardeur suivant nôtre goût plus ou moins prononcé pour l’aventure et les émotions fortes.
Rien d’autre qu’un embryon des manèges de fêtes foraines cette balançoire. Comme ceux de la foire Saint Romain qui se déroule sur les quais de la rive gauche de la Seine, dans la froideur du novembre rouennais. A la différence près que tous les « tours » étaient gratuits et leur durée illimitée, sauf quand nous nous disputions telle ou telle place… Mais là encore, n’était-ce pas aussi un jeu en soi quand on y réfléchit bien ?
En deuxième lieu, nous avons joué aux jeux d’extérieur sur la terrasse, sorte de petite cour de récréation idéale et pour nous seuls. Parfois, nous y étions invité par ma grand mère elle même qui reprenait alors son rôle de maîtresse soucieuse de notre éveil.
Sans faire l’énumération complète et détaillée de nos activités récréatives d’alors, je peux vous en citer les principales : les quilles, sorte de mini bowling sans piste, les billes, le vélo, les pistolets à eau, la corde à sauter, l’élastique où je n’étais pas un crack (pas assez de timing), la marelle – reine des jeux d’imaginaire où l’on voyage de la terre vers le ciel en jetant devant soit son petit cailloux avec habileté – ou encore le mur où l’on tape tour à tour dans le ballon avec pour objectif de toujours viser le mur sans jamais le louper (oui, il faut l’avouer, c’est un peu rébarbatif à force !).
En troisième place, l’étendue entière du jardin n’était pas de trop, pour les courses poursuites auxquelles nous nous livrions avec mon grand père Maurice. Les jeux que nous avions avec lui, j’aimerais vous en parler aussi, si vous en êtes d’accord.
Le jardin offrait des milliers de recoins pour les parties de « cache-cache » et des centaines d’obstacles pour jouer à s’attraper et se courir les uns après les autres. Notre territoire s’étendait alors jusqu’au jardin normalement réservé au travail de Pépé Maurice. Nous en faisions le tour par le petit chemin périphérique. Ou même en cas d’urgence, nous le traversions dans la boue y laissant trace de nos pas, comme de grands cratères. Ces jeux étaient un moyen de découvrir le jardin, ses petits habitants (insectes de toute nature), ses fruits et légumes, mais aussi ses fleurs et leurs douces senteurs variant suivant les saisons.
Nous allions aussi vers et dans le garage, repassions par l’allée de gravier devant la maison… Nous nous cachions derrière le laurier, dans les framboisiers, les groseilliers, sous la haie… Nous grimpions au lilas ou au gigantesque cerisier.
Dans quel état devait-on nous retrouver à la sortie ? Je vous le demande. Sûrement en pleine sueur, le souffle haletant… Avec les habits verdis par la jeune écorce des arbres et la mousse verdâtre et l’herbe humide, et avec les chaussures aux semelles boueuses. Nous devions être de vrais malotrus « salopant » le sol de la maison – carrelage, tapis ou moquette, peu importe ! On devait pouvoir nous pister sans le moindre mal, une fois retournés à l’intérieur. Jusqu’à ce que ma grand mère Simone nous emmène de force à la salle de bain pour un nettoyage complet bien mérité.
Tous les moyens pour disparaître étaient bons, surtout quand mon grand père prenait part au jeu, car c’était un chasseur redoutable. Il imitait le loup, dont la voix nous faisait frémir, « loup y es-tu ? » disions-nous en cœur. « Je mets mes chaussures » grognait-il. Et voilà qu’on entendait un buisson tressaillir non loin.
Quand Pépé Maurice nous attrapait, il nous faisait subir sa sentence favorite : la piqûre de guêpe. Il s’approchait le doigt en l’air, en imitant le bruit du vol de la guêpe « bzzz ! bzzzz ! », il soufflait en sifflant sur son doigt, comme pour y injecter une sorte de poison. Et alors que nous ne pouvions plus lui échapper, son doigt s’abattait sur notre flanc et nous piquait vigoureusement. Les chatouilles provoquées nous poussaient à de grands éclats de rires, mêlés de cris. Quel supplice adorable !
Ou bien alors, il nous capturait le bout du nez. Nous coinçant le nez entre son index et son majeur, il glissait son pouce au milieu de ses deux doigts en forme de pince, au moment de relâcher notre nez. Il nous faisait ainsi croire que le bout de notre nez se trouvait à la place de son pouce.
Quand je repense à ces instants, le sourire de mon grand père me revient, comme une grande bouffée d’oxygène et, dans ce monde si parfumé par l’asphyxiant dioxyde de carbone, ce n’est pas rien.
En dernier lieu, comme je l’ai déjà dit tout à l’heure, ce que j’aimais par dessus tout, c’était les jeux de ballons.
Quand j’étais tout seul à jouer, j’aimais monter au fond du jardin avec mon ballon favori, choisi parmi toute une ribambelle stockée au garage. Depuis là-haut, je le lâchait pour qu’il dévale l’allée bétonnée tandis que je faisait « le grand tour » par l’herbe en courant. Je ne quittais pas des yeux le ballon et je m’efforçais de le doubler dans sa course folle pour le rattraper avant que celui-ci ne chute par les marches en bas de l’allée vers la terrasse.
Une ou deux fois, c’est moi qui au contraire suis tombé en enjambant le petit rebord situé entre l’allée et le gazon. Surtout qu’il y avait souvent un obstacle à cet endroit : un fil tendu en hauteur entre des poteaux servait pour étendre le linge et les draps à sécher. Il fallait alors se jeter sur un drap pour le traverser et espérer récupérer le ballon caché derrière.
Mais, à n’en pas douter, mes plus grandes joies étaient à l’occasion des matchs de foot épiques que nous nous livrions en famille. Au départ, seul ou avec mon cousin, je ne résistais pas au besoin vital de m’entraîner. Driblant un arbuste, jonglant avec le ballon, remontant le jardin à toute berzingue, trébuchant sur le ballon et finissant le nez dans le gazon. Je me jouais mes propres matchs dans ma tête.
Et puis, je m’entraînais encore aux coups francs. La haie séparant le jardin de la terrasse me servait de mur et sur la façade de la maison, une bande de crépis devenait la barre transversale des buts à viser. J’ai pu exercer ainsi sans fin mon adresse, au grand dam de ma grand mère qui constatait à chaque fois les dégâts occasionnés : les traces de boue en forme de ballon sur la façade couleur crème, les trous dans la haie, les « dégommages » en tout genre (tirs sur le rosier, sur le rhododendron, dans les légumes plantés, sur le toit, chez le voisin ou à proximité des adultes attablés sur la terrasse).
Puis, ensuite, mon père, mon grand père et parfois mon oncle aussi quand il venait – un joueur amateur très talentueux – cédaient à nos appels répétés et nous rejoignaient pour la partie de foot. Les filles aussi – ma sœur et ma cousine – n’hésitaient pas à y participer.
C’était alors grandiose, une ambiance de folie, des jolies gestes et des tricheries en tout genre aussi. Beaucoup de tirs n’importe où, des buts de tant en tant et du suspens bien sur. Plus rien n’existait d’autre, nous étions seuls au monde. En harmonie avec le jardin, devenu terrain de football.
Pas tout à fait réglementaire, ni académique ce terrain, mais l’important n’était pas là. Nous avions suffisamment de place dans cet espace pour satisfaire notre envie de liberté et pour emplir d’une joie inoubliable nos jeunes années. |
| 5. Le jardin de Pavilly : brève description. |
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Le jardin de Pavilly : brève description.
Laissez moi vous décrire succinctement le jardin de mes grand parents, cet univers qui m’est si cher, ce cadre de vie en extérieur que sont venus habiter jour après jour tant de souvenirs d’enfance. Les souvenirs sont comme des fantômes, peureux, ils se déplacent par hordes pour venir vous voir…
Cette petite visite sera pour moi une façon de ne pas laisser le jardin de mon « pépé » Maurice en friche, maintenant qu’il est parti (depuis presque 10 ans déjà). Cela dit, je suis un peu mauvaise langue, car ma grand mère s’évertue depuis qu’elle est veuve à toujours en conserver la beauté éphémère. De toute façon, dans ma mémoire, ce jardin a déjà conquit une beauté éternelle qui est bien méritée à mes yeux.
On accède à la propriété de mes grand parents par la rue Siegfried, tout en haut de la côte de la Vierge (seuls les cyclistes en bonne santé physique sont capables de la gravir cette côte ou alors ceux qui sont très croyants et pratiquants).
Devant la façade, il y a deux barrières, l’une se trouve en légère pente et permet aux voitures de rentrer au garage. L’autre, plus petite, est surmontée de trois marches de béton gris. Au milieu des deux, il y a la boite aux lettres. Très important la boite aux lettres quand on a un grand père facteur. La sienne était aux dimensions réglementaires vous pouvez en être surs.
Le piéton, la plupart du temps il a le choix pour entrer : la barrière des voitures est ouverte et donc il peut accéder par la petite pente depuis le trottoir, ou alors, il passe par les marches et la petite porte s’il est d’humeur à respecter les conventions d’usage.
Dans cette entrée, le long de la façade, un chemin de graviers court, tel une rivière de minuscules pierres. Il est très apprécié des enfants. Ils peuvent prendre les cailloux à pleines mains pour les jeter, bien sur de préférence dans le dos des parents pour ne pas se faire disputer. Et puis, les petits y trouvent un terrain d’entraînement plat, idéal pour perfectionner leur technique de marche. En plus, la grande baie vitrée de la cuisine permet aux adultes de garder un œil sur les mômes depuis l’intérieur.
Dans l’allée de gravier, si l’on va en direction du garage, on tombe sur un petit muret de séparation avec le voisin, suffisant pour empêcher les enfants de s’enfuir. Cependant, ce muret même pas à hauteur de la taille d’un adulte, laisse la voie libre aux discussions de voisinage et à l’imagination enfantine. Les jeunes enfants peuvent y grimper pour jouer les funambules en marchant en équilibre dessus (la chute étant loin d’être mortelle à cette hauteur, on ne risque pas grand chose).
Si on prend l’allée dans l’autre sens, alors on s’en va à l’angle de la façade sur un petit chemin bordé de cyprès, dénué de graviers à cet endroit, et très sombre. De nouveau à l’angle, on tombe sur un rosier qui donne sur la terrasse.
Cette terrasse d’ardoises est située en contrebas d’une haie à mi-hauteur . C’est l’endroit idéal pour jouer à la marelle, aux quilles ou à des tas d’autres jeux de cour de récréation. Pour les adultes c’est là qu’on prend l’apéro ou que l’on mange quand il fait beau.
Au fond de la terrasse, il y a une tôle translucide qui la couvre pour qu’on puisse s’abriter de la pluie. Il y a là deux portes en bois, les portes de derrière. Celle du garage et celle de la maison. Pour entrer à la maison, il y a pour le chat un trou qui sert de chatière. Du côté du garage, des outils sont rangés et devant sur la terrasse, il y a une brouette, un robinet, et une table où sont posées des cagettes de bois, bref tout le nécessaire du parfait jardinier.
Au milieu de la terrasse, en face de la fenêtre de la chambre de mes grand parents, deux petites marches donnent vers le jardin et sur l’allée de béton séparatrice. En montant, d’un côté, c’est le jardin pour le travail et de l’autre c’est un gazon pour le loisir.
Le côté jardin de « travail » se découpe en trois zones : en bas, la partie botanique, au milieu, le potager (salades, radis, patates, carottes, potirons, etc.) et en haut, les arbres et arbustes fruitiers (groseilliers, framboisiers, cerisier). Il y a même tout en haut de l’allée de béton un petit chemin périphérique qui entoure le jardin que travaillait mon « pépé ». Il longe les haies trouées qui cachent le jardin du voisin et rejoint la terrasse en bas. |
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