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Parcourir : Accueil » 2. RECUEILS DE POEMES (PROJETS) » En souvenir de ta petite enfance (Journal)
En souvenir de ta petite enfance (Journal)
2. Introduction

J’ai si peu de souvenirs de moi lorsque j’avais ton âge (à peine un an et demi) que j’ai peur de ne plus en avoir beaucoup de toi, une fois que tu auras grandi. J’ai la crainte également, que toi tu ne devines comment tu étais petit qu’à travers le regard des autres et quelques photos, désormais devenues numérique. Et puisque l’enfance file à grande vitesse, il est dur d’en mémoriser l’essence, comme notre regard a du mal à capter une étoile filante, au point que parfois, notre cerveau ne sait plus dire si on l’a aperçu ou non…

 

Alors en voici quelques uns, des souvenirs, comme autant de poussières de toi enfant, Luca. Je les mets par écrit pour moi, en premier lieu, car ce que j’ai dans le cœur en ce moment, ce qui me comble de bonheur, je souhaite, je rêve, j’espère en garder une trace.

Je les raconte aussi pour toi, dans le but d’en faire une sorte de témoignage, pour conserver quelque chose d’intemporel à ces instants magiques que nous vivons ensemble.

Et puis, qui sait cela pourrait peut être en intéresser certains autres, si d’aventure il y avait dans notre aventure particulière commune quelques aspects universels.

 

Alors ton arrivée, ta naissance, puis ensuite ton évolution, ta croissance, j’imagine que je m’en souviendrais toujours, que cela restera gravé, indélébile en moi. Oui, mais ce bonheur quotidien, saurais-je te le retranscrire aussi bien d’ici 30 ans, quand tu auras mon âge ? Pourrais-je seulement t’en parler sereinement, compte tenu des rapports affectifs que nous aurons alors, et qui n’auront pas manqué d’évoluer, entre adultes ? Les émotions ne s’expliquent pas, elles se vivent. Et au final, percevras-tu ces souvenirs à leur juste valeur qu’en j’essaierai maladroitement de les évoquer, ressassant toujours les mêmes vieilles anecdotes qui te sembleront autant de rengaines ringardes dans la bouche d’un vieux gâteux ?

3. Mardi 12 mai 2009

Ton copain de crèche, Simon, tout comme moi, a fêté son anniversaire il y a deux jours, il a 2 ans et moi trente-et-un.

Il pleut. Ce matin, au lieu d’aller à la crèche à vélo, comme nous en prenons l’habitude depuis l’arrivée récente du printemps, nous allons prendre le bus, tous les deux.

Drôle d’idée en fin de compte. A la sortie de la voiture, lorsqu’Audrey nous dépose à l’arrêt de bus sur le boulevard de Strasbourg, le temps que je sorte la poussette du coffre, que je t’y installe et qu’on rejoigne l’abri, nous avons pris une trombe d’eau. A la fin du trajet, pour quitter le bus, c’était « rebelote » pour rejoindre la crèche. Et même à l’intérieur, durant le trajet, nous n’étions pas vraiment protégés, puisqu’une trappe d’aération entrouverte laissait passer des gouttes. Ceci dit, c’aurait été bien pire à vélo…

Arrivé à la crèche tu n’avais pas l’air content de me quitter et tu as pleuré beaucoup, peut être parce que la personne à qui je te laissais en garde était récente à la crèche et que tu n’étais pas trop en confiance avec elle ?

Pour ma part, un père sympa que j’ai croisé m’a proposé de me redéposer en voiture en centre ville et m’a même finalement déposé à la porte de mon travail.

4. Jeudi 14 mai 2009

 

Ce matin nous avons repris le vélo. Tu étais, comme toujours, si impatient d’y monter pour faire une balade, que tu as voulu qu’on te mette ton casque à l’avance, avant même d’enfiler ton manteau, alors que je n’étais pas encore prêt à partir de la maison.

C’est vrai que c’est agréable de traverser la ville en vélo, parfois je t’entends fredonner des petits airs et ça me donne à moi aussi envie de chanter. De dire que je suis heureux.

Souvent quand on passe sur les pavés, en rebondissant, on s’amuse à faire varier nos voix au son des vibrations « aaaaaaaaaaaaaaaah ».

Arrivés à la crèche, une des professionnelles m’interpelle pour me demander de te trouver des chaussons pour que tu fasses comme les autres et retire tes chaussures à l’intérieur (en fait, il s’avère que ta mère ne souhaite pas trop que tu aies des chaussons). Et, coïncidence, à ce moment là, justement, une maman arrive avec une nouvelle paire de chaussons pour son fils, et après lui avoir mis, interroge la même professionnelle pour savoir si quelqu’un autre pourrait récupérer les anciens chaussons devenus trop petits pour son fils. La salarié a alors dit que compte tenu de la taille, ils iraient à « Luca ».C’est comme ça que tu t’es retrouvé avec une paire de chaussons aux pieds dans la crèche, tu étais si mignon.

Ce soir, quand je suis venu te rechercher, tu avais l’air bien heureux et tout à fait dans ton élément. A peine si tu m’as remarqué. Cela nous offre beaucoup de plaisir avec ta mère de voir que tu as tout pour t’y éveiller et progresser. Le dernier exemple qui date d’hier, dans les progrès que tu accomplis, c’est quand ta mère a regardé avec toi un panneau où chaque enfant de la crèche a sa photo, à chaque fois qu’elle ta demander de montrer du doigt un enfant en citant son nom (« il est où untel ? ») tu as su répondre. Cela nous fait penser qu’on a eu raison de t’y inscrire, que c’était une belle opportunité qu’on a eu. J’aime y passer du temps, être avec toi et les autres enfants. J’aime m’amuser avec vous et profiter de ce petit coin de paradis, que je ne laisserais pour rien au monde qui que ce soit nous le gâcher.

5. samedi 16 mai 2009

C’était le défilé aujourd’hui à la maison. Cela a commencé hier déjà. Papy Alain est revenu faire des travaux pour l’agrandissement de la maison et en plus, Marie, une amie, nous a demandé de garder ses deux garçons, Quentin, qui a sept ans, et Simon qui est ton copain de crèche. Donc on faisait un peu garderie… Hier, après le bain, que tu as pris avec Simon, vous avez joué dans le salon, pendant que j’aidais Alain dehors pour les travaux. Après on a pris le repas et tu as beaucoup fait rire ton Papy, qui t’observe avec beaucoup d’amour.

Ce matin, en plus de nos deux invités enfants, de Papy qui est resté dormir aussi, avec son chien, nous avons eu la visite de Guillaume, qui est venu donner un coup de main pour les travaux et qui a emmené avec lui sa fille Coline. Entre le chantier dans le jardin et la garderie dans la maison, c’était un peu le bazar ! Surtout qu’il y a aussi une petite animalerie, avec un chien et un chat qui ne peuvent pas se voir et vous, les enfants qui avez parfois peur du chien, voir du chat.

L’animation a été à son comble quand Anne, une autre maman de la crèche, est venue chercher Quentin, le fils de Marie, pour le garder à son tour. En effet, elle est venue, elle aussi avec sa fille. Il y avait alors 5 enfants dans la maison, dont 3 en âges d’aller la crèche et dont le plus âgé avait 7 ans.

Après, tout le monde est reparti, un peu après onze heures, il y a donc eu une accalmie, car on a gardé que ton copain Simon avec nous.

Toute la journée, cela a été marrant de voir à quel point vous pouviez vous influencer l’un et l’autre : vous vous bagarrez tout le temps pour avoir le jouet que l’autre a dans la main, si l’un de vous aperçoit le chat, l’autre veut aller le voir.

L’après-midi on a été à Oudalle, à la campagne, chez Pascal. C’était super de vous voir gambader partout, tu paraissais plus aventurier que Simon, peut être aussi parce que tu es plus en terrain connu que lui, pour y être venu de multiples fois. On a vu des chèvres derrière un grillage et entendus le coq chanter, ainsi qu’une ribambelle d’oiseaux.

Puis il y a un cadre si agréable et apaisant, avec tous ces arbres autours, cette herbe folle, ces petits étangs. Pascal a fait lui aussi des travaux, notamment pour installer une petite terrasse en bois, un petit bon aussi et des chemins de gravier. On a beaucoup ri à vous voir courir et dégringoler par moment dans l’herbe.

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